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	<title>Papiers en ligne</title>
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		<title>Papiers en ligne</title>
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		<item>
		<title>Communiqué de l&#8217;A.FR.AV</title>
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		<pubDate>Fri, 17 Feb 2012 09:00:32 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Langue Linguistique]]></category>
		<category><![CDATA[Jean-François Copé]]></category>

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		<description><![CDATA[Communiqué de l&#8217;A.FR.AV (http://www.francophonie-avenir.com) Courriel ouvert à Monsieur Jean-François Copé, secrétaire général de l&#8217;UMP et Carpette anglaise 2011*. Monsieur le Secrétaire général de l&#8217;UMP, Monsieur la Carpette anglaise 2011, Votre Parti politique a édité récemment un tract, tiré à 6 &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2012/02/17/communique-de-la-fr-av/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=66&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Communiqué de l&#8217;A.FR.AV (<a title="http://www.francophonie-avenir.com/" href="http://www.francophonie-avenir.com/">http://www.francophonie-avenir.com</a>) </strong></p>
<p><strong><span style="color:#ff0000;">Courriel ouvert à Monsieur Jean-François Copé</span>,</strong><strong> </strong></p>
<p><strong>secrétaire général de l&#8217;UMP et Carpette anglaise 2011*.</strong></p>
<p>Monsieur le Secrétaire général de l&#8217;UMP,</p>
<p>Monsieur la Carpette anglaise 2011,</p>
<p>Votre Parti politique a édité récemment un tract, tiré à 6 millions d&#8217;exemplaires, pour faire la propagande de Nicolas Sarkozy.</p>
<p>Force est de constater que vous avez employé dans ce tract, le mot anglais &#8220;E-MAIL&#8221;, un mot anglais, alors qu&#8217;il existe un mot français qui est « COURRIEL », mot créé et utilisé par nos frères du Québec, adopté par l&#8217;Académie française et officialisé par les instances terminologiques de la République (Journal Officiel du 23 juin 2003).</p>
<p><strong>Ce emprunt à l&#8217;anglais, n&#8217;est pas, hélas, contrairement à ce que vous pourriez nous dire, un petit détail, mais plutôt l&#8217;élément révélateur de ce qu&#8217;a été le quinquennat de Nicolas Sarkozy à l&#8217;égard de la langue française, de la Francophonie et du plurilinguisme, c&#8217;est-à-dire, un vrai désastre, pour ne pas dire un Waterloo linguistique.</strong></p>
<p align="center">
<p>Vous-même, M. Copé, vous venez d&#8217;obtenir le Prix de la Carpette anglaise 2011, <strong>*Prix d’« indignité civique » donné à un membre des élites françaises qui s’est distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française.</strong> Vous avez obtenu ce Prix pour votre insistance à promouvoir l&#8217;anglais, de la maternelle aux grandes écoles, et pour votre souhait de faire de l&#8217;anglicisation de la télévision publique un des enjeux de votre parti et de l&#8217;élection présidentielle.</p>
<p><strong>Comme vous, hélas, un tas d&#8217;« angliciseurs » se sont </strong><strong>succédé dans les divers gouvernements qui ont fait le quinquennat de Nicolas Sarkozy :</strong></p>
<p>- <strong>Valérie Pécresse</strong>, Carpette anglaise 2008, ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes. Elle n&#8217;a eu de cesse, aussi, de pousser nos universités à enseigner <span style="text-decoration:underline;">EN</span> anglais ;</p>
<p>- <strong>Christine Lagarde</strong>, Carpette anglaise 2007, ex-ministre de l&#8217;Économie, avait tendance à communiquer en langue anglaise avec ses services à Bercy, à tel point que, selon le <em>Canard enchaîné</em>, celle-ci était surnommée &#8220;<em>Christine The Guard</em>&#8221; ;</p>
<p>- <strong>Xavier Darcos</strong>, ex-ministre de l&#8217;Éducation nationale, ex-ministre de la Francophonie (!), a reçu la mission, quelques mois seulement après l&#8217;élection de Nicolas Sarkozy à la présidence en 2007, de faire de la France un pays bilingue (sous-entendu français-anglais), a aidé à instaurer l&#8217;anglais obligatoire en primaire dès le CE1, a promu les visioconférences en anglais, pour déporter notre jeunesse francophone directement en Grande-Bretagne, a lancé le projet de vacances en anglais pour que les écoliers mal anglophonisés puissent rattraper leur retard ;</p>
<p>- <strong>Luc Chatel</strong>, actuel ministre de l&#8217;Éducation nationale, veut angliciser l&#8217;enfance dès l&#8217;âge de trois ans : « Aujourd&#8217;hui, en France, ne pas maîtriser l&#8217;anglais est un handicap. Je veux réinventer l&#8217;apprentissage de l&#8217;anglais dans notre pays », disait Luc Chatel, invité d&#8217;<a title="http://www.europe1.fr/Politique/Chatel-veut-des-cours-d-anglais-a-l-ecole-des-3-ans-382849/" href="http://www.europe1.fr/Politique/Chatel-veut-des-cours-d-anglais-a-l-ecole-des-3-ans-382849/">Europe1</a>, le dimanche 23 janvier 2011. Le ministre de l&#8217;Éducation souhaite que cet apprentissage soit développé, « dès 3 ans », chez les enfants (<a title="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/chatel-veut-instaurer-l-apprentissage-de-l-anglais-des-3-ans_955030.html" href="http://www.lexpress.fr/actualite/politique/chatel-veut-instaurer-l-apprentissage-de-l-anglais-des-3-ans_955030.html">http://www.lexpress.fr/actualite/politique/chatel-veut-instaurer-l-apprentissage-de-l-anglais-des-3-ans_955030.html</a>) ;</p>
<p>- <strong>Rachida Dati</strong> a imposé l&#8217;anglais au concours d&#8217;entrée à l&#8217;École nationale de la magistrature ;</p>
<p>- <strong>Nadine Morano</strong>, en 2009, lors de l&#8217;Université d&#8217;été de l&#8217;UMP, à Seignosse, a commenté avec joie et en train le &#8220;I think, I work, I dance&#8221; qu&#8217;arborait fièrement la jeunesse UMP sur ses ticheurtes ;</p>
<p>- <strong>Bernard Kouchner</strong>, ex-ministre des Affaires étrangères ne perdait jamais une occasion à l&#8217;étranger de s&#8217;exprimer officiellement en anglais ;</p>
<p>- <strong>Jean-Marie Bockel</strong>, secrétaire d&#8217;État à la Francophonie (!), a célébré les futurs « bienfaits » du Protocole de Londres dans un article publié en septembre 2007 dans Le Monde (« Ratifions le protocole de Londres ! »), un Protocole qui, pourtant, rappelons-le, donne désormais force de loi en France à des textes rédigés en anglais.</p>
<p>- <strong>Jean-Louis Borloo</strong>, Carpette anglaise 2009, ex-ministre d&#8217;État, ministre de l&#8217;Écologie, de l&#8217;Énergie, du Développement durable et de la Mer, a signé, le traité de l’IRENA <em>(International Renewable Energy Agency)</em> dont la seule langue de travail est l’anglais, en invoquant l’urgence, alors que cinq pays importants ne l’avaient toujours pas signé au moment des faits ;</p>
<p>- Nous ne parlerons pas de notre Armée dont l&#8217;entrée dans l&#8217;Otan n&#8217;a fait qu&#8217;accélérer son processus d&#8217;anglo-américanisation, ni de nos scientifiques et chercheurs qui sont obligés de publier leurs travaux en anglais, ni de nos jeunes chanteurs qui chantent de plus en plus en anglais, ni des peuples francophones à travers le monde qui se demandent à quoi bon continuer à croire et à investir dans la langue française, alors que les Français, eux-mêmes, n&#8217;y croient plus, etc.</p>
<p><strong>Pourtant tout avait bien commencé avec M. Sarkozy, lorsque dans son discours de Caen, prononcé le 9 mars 2007, il nous parla de la langue française, de sa volonté de lutter contre le tout anglais (de la langue unique), de son souhait de promouvoir la Francophonie et le plurilinguisme. </strong></p>
<p><strong>Voici trois phrases extraites de ce discours :</strong></p>
<p>« Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française ».</p>
<p>« Le français, c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante. La diversité linguistique, c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique ».<br />
comme :<br />
« L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité ».</p>
<p><strong>(<a title="Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy,  de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais." href="http://www.lapetition.be/petition.php?petid=1896">Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais.</a></strong>)<br />
Comme par hasard, la vidéo du discours du 9 mars 2007 de Nicolas Sarkozy à Caen n&#8217;est plus visible sur le site de l&#8217;Élysée (<a title="http://sarkozy-2007.over-blog.com/article-5957543.html" href="http://sarkozy-2007.over-blog.com/article-5957543.html">http://sarkozy-2007.over-blog.com/article-5957543.html</a>). Serait-ce pour qu&#8217;on oublie ce qu&#8217;il a dit aux Français ce jour-là, pour enlever une preuve flagrante qu&#8217;il leur a menti et qu&#8217;il a, ce faisant, <strong><span style="text-decoration:underline;">escroqué</span></strong> tous ceux qui, à partir de ce discours, ont décidé de voter pour lui en 2007 ?</p>
<p><strong>Mais comme nous sommes sous le règne de la pensée et de la langue uniques, vos camarades du Parti socialiste ne sont pas en reste, non plus, hélas, en matière d&#8217;anglicisation et de destruction de la langue française :</strong></p>
<p>- Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste (et ses conseillers en communication), a été nommée Carpette anglaise 2010, pour « leur recours systématique à des slogans anglo-saxons (du &#8220;care&#8221; à &#8220;What would Jaurès do ?&#8221;) ».</p>
<p align="center">
<p align="center">
<p>- Quant au candidat François Hollande, il n&#8217;a rien mis dans son programme électoral, bien sûr, pour venir au secours de la langue française, mais, par contre, dans son engagement n°56, il nous dit qu&#8217;il signera pour la France, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Apparemment, donc, la question linguistique pour M. Hollande se résume à la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, marquant ainsi son intérêt à vouloir préserver la diversité des langues dans le contexte français plutôt que dans le contexte de la communication internationale. <strong>Il est triste, tout de même, que ce monsieur n&#8217;ait pas l&#8217;air d&#8217;avoir compris que le combat linguistique prioritaire aujourd&#8217;hui, c&#8217;est d&#8217;assurer la diversité linguistique dans la communication internationale et d&#8217;y maintenir pour cela, coûte que coûte et entre autres langues, la présence de la langue française.</strong> De plus, pourquoi remet-il sur le tapis, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, alors que cette Charte a été jugée anticonstitutionnelle en 1999 par le Conseil constitutionnel ? Va-t-il changer alors la Constitution française pour être agréable aux antirépublicains que sont les ethno-régionalistes ? Pourtant, quand on est un apôtre de la laïcité, comme ce monsieur aime à le dire, on laisse les langues régionales là où elles sont, avec les croyances religieuses de chacun, c&#8217;est-à-dire dans l&#8217;intime de chaque Français. Libre à chacun de pratiquer ou de ne pas pratiquer une religion, libre à chacun de pratiquer ou de ne pas pratiquer une langue régionale, la République, elle, s’oppose à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, qu&#8217;il soit religieux, linguistique ou autre. Mais M. Hollande, du haut de son nuage, sait-il vraiment ce qu&#8217;est la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ? Sait-il que si elle était appliquée en France, elle entraînerait une libano-balkanisation du pays, la fin de la République, une et indivisible, l&#8217;éclosion des euro-régions et, au final, dans le chaos linguistique et politique ainsi engendré, le triomphe de l&#8217;anglais (encore), car cette langue deviendrait alors le seul élément fédérateur de la tour de Babel incontrôlable que serait devenue la France ethnique des Régions ?</p>
<p><strong>Bref, UMP et PS, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, semblent être d&#8217;accord sur une chose : il faut enterrer la langue française, ne pas parler de la Francophonie et détourner l&#8217;enseignement des langues étrangères (au pluriel) en France par l&#8217;enseignement de l&#8217;anglais (au pluriel) : l&#8217;anglais en maternelle, l&#8217;anglais en primaire, l&#8217;anglais au lycée (l&#8217;anglais est même présent au CAP de carrosserie), l&#8217;anglais dans nos universités, l&#8217;anglais à la télévision, l&#8217;anglais au jardin, l&#8217;anglais à la pêche, l&#8217;anglais au supermarché, etc.</strong></p>
<p>Récemment à la télévision, sur Arte &#8211; la chaîne publique franco-allemande qui en été nous parle des &#8220;<a title="http://www.francophonie-avenir.com/Ecrire_au_Conseil_superieur_de_l'audiovisuel,_le_CSA.htm#Eté-Arte" href="http://www.francophonie-avenir.com/Ecrire_au_Conseil_superieur_de_l'audiovisuel,_le_CSA.htm#Eté-Arte" target="_blank">Girls of the Summer</a>&#8221; (trouvez l&#8217;erreur) -, fut diffusé un reportage sur l&#8217;obsolescence programmée des ampoules. Une arnaque à l&#8217;échelon mondial qui consista, dans les années 20 &#8211; par le biais d&#8217;accords secrets passés entre fabricants d&#8217;ampoules (cartel Phœbus) -, à ne fabriquer que des ampoules à durée de vie limitée à 500 heures au maximum (cela, bien sûr, pour que les consommateurs aient à en acheter beaucoup plus fréquemment), alors que l&#8217;on savait produire des ampoules qui durent plus de 100 000 heures ? À partir de ces accords, tous les industriels du monde qui fabriquèrent des ampoules à durée de vie supérieure à 500 heures eurent des amendes que le cartel, tels des mafieux, n&#8217;hésita pas à leur donner.</p>
<p><strong>Sur le même canevas, nous avons l&#8217;</strong><strong>impression aujourd&#8217;hui, qu&#8217;il y a eu des accords secrets pour imposer le basculement linguistique des pays non-anglophones vers l&#8217;anglais. En effet, la politique du tout anglais développée dans tous les pays européens depuis ces dernières années, ne peut pas être le fruit du hasard, mais bien la résultante d&#8217;accords secrets, tout à fait anti-démocratiques, évidemment, des accords qui se sont faits dans le dos des peuples, sans les consulter, par une oligarchie supranationale de type Davos, Bilderberg</strong>, <strong>Council on Foreign Relations</strong>, <strong>Goldman Sachs, etc. </strong></p>
<p>Nous sommes, à n&#8217;en pas douter, devant<strong> un déni de démocratie, devant un viol inqualifiable de souveraineté des peuples et, dans ce contexte-là, comment ne pas faire un parallèle entre la mise en place programmée de l&#8217;anglais partout et la pensée unique que l&#8217;oligarchie mondialiste autoproclamée veut imposer à toute l&#8217;humanité ?</strong></p>
<p><strong>Langue unique, pensée unique, gouvernement unique, la dictature n&#8217;est pas loin !</strong></p>
<p>En espérant que ce courriel aura suscité quelque envie de Résistance aux femmes et aux hommes encore libres de notre pays, et dans l&#8217;espoir que vous-même vous vous libériez de l&#8217;anglomanie qui vous habite, je vous prie d&#8217;agréer, Monsieur le Secrétaire général de l&#8217;UMP, Monsieur la Carpette anglaise 2011, l&#8217;expression de mes sentiments francophones.</p>
<p>Vive la langue française,</p>
<p>Vive la Francophonie,</p>
<p>Vive le monde dans sa diversité linguistique et culturelle.</p>
<p><strong>Régis Ravat</strong></p>
<p><strong>Président de l’A.FR.AV (<a title="http://www.francophonie-avenir.com/" href="http://www.francophonie-avenir.com/">http://www.francophonie-avenir.com</a>)</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Merci aux candidats à l&#8217;élection présidentielle, de tenir compte, dans l&#8217;élaboration de leur programme politique, des points ici soulevés :</strong><strong></strong></p>
<p><strong>- Faire marcher la France sur ses deux jambes : l’Europe, d’une part, dans la coopération entre nations européennes, et <a title="http://www.francophonie-avenir.com/Index_LC_L'avenir_de_la_Francophonie_passe_par_Kinshasa.htm" href="http://www.francophonie-avenir.com/Index_LC_L'avenir_de_la_Francophonie_passe_par_Kinshasa.htm">la Francophonie</a>, d’autre part, dans la coopération fraternelle et solidaire que nous devons avoir avec l’ensemble des pays francophones. De plus, lorsqu&#8217;un drapeau européen flottera à côté d’un drapeau français, obligatoirement devra flotter à ses côtés, le drapeau de la Francophonie.</strong></p>
<p><strong>- Condamner, et de rendre illégal, <a title="http://www.francophonie-avenir.com/Infolettre_RR_Jean-Paul_Fournier,_maire_de_Nimes,_et_le_bilinguisme_illicite_francais-anglais.htm" href="http://www.francophonie-avenir.com/Infolettre_RR_Jean-Paul_Fournier,_maire_de_Nimes,_et_le_bilinguisme_illicite_francais-anglais.htm">le bilinguisme français-anglais</a> partout sur le territoire français et d’exiger que sur l’espace public lorsqu’une traduction d’un texte français est nécessaire, celle-ci devra s’opérer en au moins deux langues étrangères (pareille obligation sera faite dans nos aéroports).</strong></p>
<p><strong>- Remettre l’enseignement du français prioritaire en primaire, d’y enlever l’enseignement de l’anglais pour le remplacer par un enseignement général sur les langues du monde (<a title="http://www.francophonie-avenir.com/Cours_d'_esperanto.htm" href="http://www.francophonie-avenir.com/Cours_d'_esperanto.htm">sans oublier l’espéranto</a>), de favoriser, dès l’entrée en 6<sup>e</sup> l’apprentissage d’une langue internationale qui ne soit pas forcément l’anglais, de ne pas donner le baccalauréat aux élèves qui n’auraient pas obtenu la moyenne en dictée lors de l’épreuve, de réaffirmer, haut et fort, que la seule langue de l’enseignement en France, c’est le français.</strong></p>
<p><strong>- Cesser de donner de l’argent public aux entreprises et aux artistes qui préfèrent utiliser l’anglais plutôt que le français dans leurs créations, dans la dénomination de leurs produits, de leur enseigne, de leur raison sociale, etc. (<a title="http://www.francophonie-avenir.com/FM_60_Nouveau_tract_de_l'A.FR.AV,_Bas_les_masques.htm" href="http://www.francophonie-avenir.com/FM_60_Nouveau_tract_de_l'A.FR.AV,_Bas_les_masques.htm">Pas d’argent public</a>, par exemple, pour un chanteur français qui chanterait en anglais).</strong></p>
<p><strong>- Exiger de nos hommes politiques, <a title="http://www.francophonie-avenir.com/video_Sarkozy_et_le_francais_a_l'ONU.htm" href="http://www.francophonie-avenir.com/video_Sarkozy_et_le_francais_a_l'ONU.htm">de nos diplomates</a>, de nos militaires, de nos coopérants, de ne pas s’exprimer en anglais lorsqu’ils ne sont pas en pays anglophones. D’exiger d’eux également qu’ils s’expriment en français dans les grandes instances internationales où notre langue à un statut de langue officielle.</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>(Reproduction et diffusion, hautement recommandées)</strong></p>
<p><strong><br />
</strong></p>
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		<title>Tranquille comme Baptiste</title>
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		<pubDate>Wed, 18 Jan 2012 05:33:44 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[      Marianne 2, le site de l’hebdomadaire Marianne, vient de publier ce billet d’humeur de Marc Favre d’Échallens, Président de Droit de comprendre, administrateur de Défense de la Langue française et secrétaire de l’Académie de la Carpette anglaise. Il participe &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2012/01/18/tranquille-comme-baptiste/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=55&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>      </strong><span style="color:#993300;"><strong>Marianne 2<em>, le site de l’hebdomadaire </em>Marianne<em>, vient de publier ce billet d’humeur de </em></strong><span style="text-decoration:underline;"><span style="color:#800080;text-decoration:underline;"><strong><em>Marc Favre d’</em></strong><strong><em>É</em></strong><strong><em>challens</em></strong></span></span><strong><em>, Président de Droit de comprendre, administrateur de Défense de la Langue française et secrétaire de l’Académie de la Carpette anglaise. Il participe régulièrement à l’émission de Michel Mourlet </em></strong><strong>Français, mon beau souci<em>, défense et illustration de la langue française sur Radio Courtoisie :</em></strong></span><strong><em></em></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>Tranquille comme Baptiste !</strong></p>
<p>Vendredi 11 novembre 2011, l’émission <em>C dans l&#8217;air</em> d&#8217;Yves Calvi sur France 5 a eu, à l&#8217;occasion de la commémoration du 11 novembre 1918, pour thème : <em>« Ces guerres qui ont forgé l&#8217;Europe ».</em><em> </em></p>
<p>À la fin de l&#8217;émission, Yves Calvi, avec justesse, relève, au-delà des beaux discours, l&#8217;échec de la coopération franco-allemande notamment dans l&#8217;enseignement de l&#8217;allemand en France et du français en Allemagne. Sur cette intervention, le général Christian Baptiste intervient et indique : <em>« Si vous voulez converser avec un Allemand, vous conversez en anglais et vous n&#8217;aurez pas de problèmes »</em>.</p>
<p>Ce général n&#8217;est pas un intervenant ordinaire ; en ce 11 Novembre, il est porte-parole adjoint du ministère de la Défense et également délégué adjoint à la Délégation à l&#8217;information et à la communication de la Défense. Ainsi, un général de l&#8217;Armée française portant la parole officielle préconise l&#8217;utilisation de l&#8217;anglais comme langue de communication en Europe.<br />
Il est loin de temps où Péguy, mort au combat en septembre 1914, écrivait dans <em>L’Argent </em><em>:</em> «<em> </em><em>Que la Sorbonne le veuille ou non, c&#8217;est le soldat français qui lui mesure la terre. C&#8217;est le soldat français et c&#8217;est le canon de 75 et c&#8217;est la force temporelle qui ont jalonné, qui ont mesuré, qui mesurent à chaque instant la quantité de terre où l&#8217;on parle français. »</em></p>
<p>Ainsi, en 2011, quand la Grande Muette s’exprime, elle souhaite aux Français – tranquille comme Baptiste…  – un avenir en anglais ; après l’armée coloniale, voilà l’armée colonisée et fière de l’être. La langue, c’est l’âme d’un peuple. «<em> </em><em>Quand un peuple n&#8217;ose plus défendre sa langue, il est mûr pour l&#8217;esclavage »</em> écrivait jadis Remy de Gourmont, c&#8217;est encore vrai en 2011.</p>
<p>Une question à nos généraux : pourquoi et pour qui combattons-nous aujourd’hui ?</p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/franceunivers.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/franceunivers.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/franceunivers.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/franceunivers.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/franceunivers.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/franceunivers.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/franceunivers.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/franceunivers.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/franceunivers.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/franceunivers.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/franceunivers.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/franceunivers.wordpress.com/55/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/franceunivers.wordpress.com/55/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/franceunivers.wordpress.com/55/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=55&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Jacqueline Ury, chevalier de la Légion d’honneur</title>
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		<pubDate>Sat, 17 Dec 2011 11:54:01 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
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		<category><![CDATA[Frères Blanc]]></category>
		<category><![CDATA[Heidsieck pianiste]]></category>
		<category><![CDATA[humour politique]]></category>
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		<description><![CDATA[Nos auteurs se distinguent. En l&#8217;hôtel de Seignelay, Jacqueline Ury, qui a publié à France Univers Rasteau, vin doux naturel et recettes gourmandes et les deux volumes de la Cuisine de d’Artagnan, auteur également d’ouvrages chez Hachette, Lattès et divers &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2011/12/17/jacqueline-ury-chevalier-de-la-legion-dhonneur/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=47&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Nos auteurs se distinguent. En l&#8217;hôtel de Seignelay, <strong>Jacqueline Ury,</strong> qui a publié à France Univers <em>Rasteau</em>, <em>vin doux naturel et recettes gourmandes </em>et les deux volumes de <em>la Cuisine de d’Artagnan</em>, auteur également d’ouvrages chez Hachette, Lattès et divers autres éditeurs, ancienne responsable des pages gastronomiques du <em>Parisien,</em> aujourd’hui gérante de la Société France Élite Gourmet, a reçu le 23 novembre dernier les insignes de chevalier de la Légion d’honneur des mains de M. <strong>Pierre Lellouche</strong>, secrétaire d’État chargé du Commerce extérieur. Une assistance nombreuse et choisie &#8211; où l’on remarquait notamment M<sup>e</sup> <strong>Anne-Laure Réveilhac de Maulmont</strong>, conseiller du Commerce extérieur de la France, la pianiste <strong>Tania </strong><strong>Heidsieck</strong>, la cinéaste <strong>Anne Revel</strong>, <strong>Jean Miot</strong> (<em>Le Figaro, Valeurs Actuelles</em>), président du Prix de l’humour politique, l’un des célèbres <strong>Frères Blanc</strong>, les président et vice-président de l’Association des Journalistes et Informateurs de la gastronomie et du vin &#8211; applaudit les discours du représentant du Gouvernement et de la récipiendaire. Celle-ci évoqua avec force détails pittoresques ses tribulations en Inde pour tenter d’ouvrir le marché de ce pays aux produits et ingrédients de la cuisine française. M. Lellouche, quant à lui, citant une phrase de <strong>Michel Mourlet</strong> également présent à la cérémonie, n’avait pas hésité à comparer l’auteur de <em>la Cuisine de d’Artagnan </em>à un autre grand voyageur gastronome : Alexandre Dumas : « <em>Il arrivait </em>(à Dumas) <em>de se demander, avec une pointe d’humoristique mauvaise foi, s’il ne s’était pas trompé de vocation en chaussant les besicles de l’écrivain plutôt que la toque du cuisinier.</em> »Et le secrétaire d’État d’ajouter : «  Eh bien, chère Jacqueline, cette question, on pourrait vous la retourner, puisque vous avez, semble-t-il fait la synthèse des deux&#8230; »   (<em>France Univers Communication.)</em></p>
<div id="attachment_48" class="wp-caption alignleft" style="width: 310px"><a href="http://franceunivers.files.wordpress.com/2011/12/copie-j-lc3a9gion-dh_1600x1600.jpg"><img class="size-medium wp-image-48" title="Copie J. légion d'h_1600x1600" src="http://franceunivers.files.wordpress.com/2011/12/copie-j-lc3a9gion-dh_1600x1600.jpg?w=300&#038;h=199" alt="" width="300" height="199" /></a><p class="wp-caption-text">Jacqueline Ury : discours de remerciement</p></div>
<p><em><br />
</em></p>
<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/franceunivers.wordpress.com/47/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/franceunivers.wordpress.com/47/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/franceunivers.wordpress.com/47/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/franceunivers.wordpress.com/47/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/franceunivers.wordpress.com/47/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/franceunivers.wordpress.com/47/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/franceunivers.wordpress.com/47/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/franceunivers.wordpress.com/47/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/franceunivers.wordpress.com/47/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/franceunivers.wordpress.com/47/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/franceunivers.wordpress.com/47/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/franceunivers.wordpress.com/47/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/franceunivers.wordpress.com/47/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/franceunivers.wordpress.com/47/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=47&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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		<title>Musset et Musset</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 11:25:27 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Contribution particulièrement originale à la célébration nationale du bicentenaire de Musset, une édition des Lettres de Dupuis et Cotonet a été publiée par les Editions France Univers (3, rue d&#8217;Estienne-d&#8217;Orves &#8211; 92110 Clichy-la-Garenne). Cette satire virulente de certains aspects de la société française &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2011/12/03/40/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=40&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><strong>Contribution particulièrement originale à la célébration nationale du bicentenaire de Musset, une édition des <em>Lettres de Dupuis et Cotonet a été</em> publiée par les Editions France Univers (</strong>3, rue d&#8217;Estienne-d&#8217;Orves &#8211; 92110 Clichy-la-Garenne<strong>). Cette satire virulente de certains aspects de la société française sous la Monarchie de Juillet a gardé une étonnante actualité et pourrait à bien des égards s&#8217;appliquer littéralement à la nôtre. C&#8217;est en tout cas le sens de la préface donnée par Michel Mourlet à cet ouvrage, qui réunit les quatre lettres publiées anonymement dans la <em>Revue des deux mondes </em>en 1836-1837.</strong></strong></p>
<div><strong>   Voici , pour les amis-lecteurs et visiteurs de ce <em>blog, </em>le texte intégral de cette préface intitulée &#8220;Musset et Musset&#8221; :</strong></div>
<div><strong></strong> </div>
<div>Dans les années quatre-vingt, il me souvient d’avoir intitulé un article consacré au théâtre d’Alfred de Musset « Les deux visages de Musset ». Faisant des troubles neuro-psychiques qui l’affectaient – au point de présenter à ses yeux effrayés un double de lui-même – une sorte de métaphore de son oeuvre, je mettais l’accent sur la dualité qui s’y trouve exposée entre l’amoureux romantique et le roué blasé. En l’opuscule ici réédité, le dédoublement demeure, mais il ne s’agit plus d’une opposition entre deux personnages fortement contrastés ; il s’agit du même en deux exemplaires avec quelques différences purement formelles et de principe, un peu comme le poète en avait établi entre sa Muse et lui dans <em>les Nuits </em>ou comme il le fera, en les accentuant cependant, avec <em>Dupont et Durand</em>. Dans les <em>Lettres </em>qui suivent, les deux amis enquêtant sur la société qui les entoure évoquent plutôt pour nous les clones Dupont et Dupond d’Hergé.</div>
<p>   Je viens de parler d’enquête. Nous parvenons maintenant au point fort du contenu narratif adopté par Musset pour introduire sa contestation satirique du monde contemporain tel qu’il le perçoit alors, c’est-à-dire sous la monarchie de Juillet. La structure épistolaire, bien connue et souvent pratiquée, n’apporte rien de décisif sur ce plan, pas plus que si Dupuis et Cotonet dialoguaient, ou si l’auteur écrivait le récit au jour le jour de leur itinéraire moral. Ce qui importe, c’est qu’ils s’improvisent journalistes-enquêteurs : ils se veulent de leur temps, et leur temps, le deuxième tiers du XIXe siècle, est celui des véritables débuts de la presse d’information. Ce qui se passe autour d’eux, à la Ferté-sous-Jouarre (qui inspirera Labiche) et plus largement en France, ne leur paraît pas fonctionner aussi bien qu’on le prétend. Il leur semble qu’il y ait là matière à critique. Mais pour critiquer, il faut d’abord comprendre, et pour comprendre il faut s’informer. C’est là le trait de génie de Musset, qui lâche dans la société deux compères conscients de leurs insuffisances, avides de connaissance et désireux de s’épauler pour progresser et faire le point. Cela vous rappelle-t-il quelque   chose ? Mais bien sûr ! Bouvard et Pécuchet.</p>
<p>   On ignore si Flaubert avait lu les <em>Lettres de Dupuis et Cotonet </em>lorsqu’il entreprit l’impossible quête encyclopédique de ses deux héros, vrais héros malgré l’apparence, héros modernes, c’est-à-dire non plus par l’exploit guerrier ou amoureux, mais, bravant le ridicule eux aussi et n’y sombrant pas moins, par le dépassement burlesque de soi dans la connaissance des lois de l’univers. On l’ignore, mais rien n’interdit de le supposer.</p>
<p>   Certes, le tandem de Musset reste très loin de la boulimie de savoir démesurée du tandem flaubertien, mais <em>Bouvard et Pécuchet </em>est en germe et même en gestation dans les <em>Lettres, </em>à commencer par la manière, non pas sans doute d’autodérision, mais de mise en cause et en perspective de soi-même à laquelle se livre Musset, en particulier sur la question du romantisme, comme s’y adonne Flaubert s’offrant le luxe d’un miroir où il contemple sa propre frénésie de savoir et de documentation. (À sa nièce Caroline, en août 1874, le bon Gustave écrit : « Ce livre est diabolique ! […] la bêtise de mes deux bonshommes m’envahit. »)</p>
<p>   Nous n’allons pas toutefois nous livrer à une étude comparative. La piste Bouvard et Pécuchet, pour prometteuse qu’elle puisse être dans une perspective généalogique, n’est pas ce qui nous retient le plus. Nous sommes davantage sensible au contenu littéral, qui seul importait à Musset et qui a conservé toute sa force. C’est d’ailleurs une des raisons qui nous ont incité à rééditer ce texte : à l’exception de la première Lettre, qui relève davantage à présent de l’histoire littéraire (et encore… bien des pollueurs de papier contemporains y puiseraient d’excellents conseils), il conserve une actualité étonnante. On pense notamment à certains jugements portés sur les fariboles de l’« humanitairerie », à une époque où, pourtant, ni l’utopie ni Tartuffe n’avaient atteint les sommets que nous dûmes contempler par la suite.</p>
<p>   Les quatre lettres ne s’attaquent pas au même sujet. On connaît la fantaisie inhérente au génie de Musset. On ne va pas lui demander, comme on le ferait à un professeur, de la continuité dans le dessein. Toutefois, si leurs sujets et la façon de les aborder sont dissemblables, les lettres relèvent d’un même thème général : la critique de la société à laquelle appartiennent leurs auteurs ; et Musset lui aussi, bien entendu.</p>
<p>   Cette dernière précision n’est pas aussi oiseuse qu’elle en a l’air : elle nous amène à retrouver un nouvel aspect de la dualité qui oppose le poète à lui-même : à différents endroits, Dupuis et Cotonet dirigent leurs railleries contre des objectifs où Musset naguère s’illustra. J’en donnerai un premier exemple ; il concerne la presse, cette presse qui, on l’a vu, fournit aux <em>Lettres </em>à la fois leur impulsion, leur méthode, leur support (la <em>Revue des deux mondes</em>), au point de donner aux deux épistoliers le sentiment d’être devenus journalistes ou en tout cas considérés comme tels.</p>
<p>   En 1835, l’attentat de Fieschi contre Louis-Philippe (dix-huit morts, vingt-trois blessés) pousse le roi et ses ministres à faire voter de nouvelles lois sur la presse, dites « lois de septembre », destinées à sanctionner avec la plus sévère rigueur les abus de liberté, les incitations à la violence, la rébellion de l’imprimé contre le gouvernement.</p>
<p>   Musset publie en septembre 1835 dans la <em>Revue des deux mondes </em>un poème en trente-quatre strophes : <em>la Loi sur la presse</em>, où il s’indigne des mesures prises pour encadrer ce qu’on nommera au XXe siècle le « quatrième pouvoir ». Il y défend avec énergie et panache ses frères de plume, les journalistes :</p>
<p><em>« Pauvres gens ! C’est leur crime ; ils aiment leur pensée,</em></p>
<p><em>Tous ces pâles rêveurs au langage inconstant.</em></p>
<p><em>On ne fera d’eux tous qu’un cadavre vivant. »</em></p>
<p>   Or ne voilà-t-il pas que quelques mois plus tard, dans la troisième des <em>Lettres de Dupuis et Cotonet</em>, nos deux compères se livrent à une attaque d’une virulence inouïe contre la presse, contre les journalistes de tous bords qui la servent et qui s’en servent ! Diatribe que l’on dirait jaillie d’une plume pamphlétaire d’aujourd’hui, si le pamphlet tel qu’on le concevait jadis avait encore une place dans notre médiasphère aseptisée. Elle s’achève par cette péroraison en forme de supplique :</p>
<p><em>« Commandeurs des non-croyants, soleils de l’époque, successeurs de Dieu, terreur des Chambres et des ministres, flambeaux de justice et de vérité, et comédiens ordinaires de la nation, ne vous fâchez pas pour si peu de chose, nous renouvellerons nos abonnements.»</em></p>
<p>   Il n’a jamais été dans notre intention de prendre Musset en <em>flag</em>, comme disent les policiers, d’incohérence ou de contradiction. La notion de dédoublement – en deux personnalités dissociées, phénomène qui éliminerait une contradiction interne – à laquelle il nous faut revenir sans cesse lorsqu’il s’agit de lui, n’épuise pas non plus le « sujet ». Bien que cette particularité clinique nous soit suggérée jusque dans les témoignages de George Sand, il nous semble en fin de compte qu’elle ne fasse que concentrer à son plus haut degré de consistance quelque chose de beaucoup plus simple, qui est la polyphonie de voix d’un homme complexe, spontané, libre de système, né pour la dramaturgie. Ce n’est sans doute point par hasard que Musset est le plus grand auteur dramatique de son époque, c’est-à-dire capable de soutenir avec autant de sincérité ou d’indifférence plusieurs points de vue opposés, conjointement ou successivement. Une telle faculté, dont les philosophes, la plupart des romanciers (qui y mêlent souvent un peu trop de leurs préférences), les poètes au lyrisme univoque sont dépourvus, il est absolument indispensable qu’un dramaturge en soit doué pour être un bon dramaturge.</p>
<p>   L’état littéraire visible du dédoublement mussétien, on le trouve non seulement dans l’écriture alternée des <em>Nuits</em>, dans les visions du « pauvre enfant », du « jeune homme », de l’« étranger », du « convive », de l’« orphelin », « <em>vêtu de noir / Qui me ressemblait comme un frère </em>» (et qu’il finira par <em>voir </em>vraiment) ; on le découvre à son point culminant dans la publication à peu d’intervalle de <em>Rolla</em>, des <em>Nuits – </em>poèmes qui ont valu à leur auteur, notamment auprès de nos mères, de nos grands-mères, qui toutes l’avaient à leur chevet, la réputation attendrissante du plus romantique des romantiques – et de la première Lettre de <em>Dupuis et Cotonet</em>, qui argumente contre les faiblesses réelles ou supposées du romantisme avec une férocité jamais égalée par les plus furieux partisans du classicisme poétique ou théâtral. On arrive presque, ici, à une sorte de mystère littéraire qui ressemble en apparence aux énigmes proposées par les <em>Poésies </em>de Lautréamont, par le désamour de Rimbaud pour ses folies juvéniles, sans aller jusqu’au retournement opéré – probablement par la disparition de fragments de transition – dans le <em>Poème </em>de Parménide.</p>
<p>   En fait, il semble plutôt qu’on ait affaire ici à une maturation de l’esprit sous l’effet de l’expérience, analogue au cheminement de <em>Werther </em>à <em>Faust</em>, de <em>René </em>aux <em>Mémoires d’outre-tombe</em>, des <em>Mémoires d’un fou </em>à <em>l’Éducation sentimentale </em>ou encore du « Culte du moi » barrésien aux Romans de l’énergie nationale. La singularité de Musset réside dans la quasi-simultanéité des deux états, jeunesse et maturité, qui nous ramène à la polyphonie dramaturgique, qui nous ramène au « double»: Musset, l’homme aux deux profils, le Janus littéraire, et qui n’en souffre nullement, au contraire du roi Ferrante, reflet de son géniteur dans le miroir de la scène, étouffé par « ce noeud épouvantable de contradictions» qui enserrait Montherlant.</p>
<p>    C’est sans doute ce qui donne à l’oeuvre de Musset dans son ensemble ce caractère de légèreté, de miroitement, même dans la douleur, même dans l’invective : le poète passe d’un état à l’autre comme le soleil allume les facettes d’une pierre au doigt d’une élégante, avec une sorte de grâce qui n’appartient qu’à lui. Les <em>Lettres de Dupuis et Cotonet </em>en sont l’un des plus plaisants avatars.</p>
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		<title>DUTOURD éloge funèbre</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 10:22:42 +0000</pubDate>
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		<description><![CDATA[Dutourd ou l’art de rester simple par Michel Mourlet    Jean Dutourd, un jour de 1980, m’a livré le secret du parfum de paradoxe malicieux et sagace qui imprègne ses écrits lorsqu’il dépeint les mœurs de son  temps (Scènes de &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2011/12/03/dutourd-eloge-funebre/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=35&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Dutourd ou l’art de rester simple</strong></p>
<p><strong><span style="color:#000000;">par Michel Mourlet</span></strong></p>
<p>   Jean Dutourd, un jour de 1980, m’a livré le secret du parfum de paradoxe malicieux et sagace qui imprègne ses écrits lorsqu’il dépeint les mœurs de son  temps (<em>Scènes de genre et Tableaux d’époque</em>) ou prélève un échantillon de matière grisâtre dans le cerveau d’un pithécanthrope moderne (<em>l’École des jocrisses</em>). Assis  dans son bureau de la rue Guénégaud au pied d’une immense bibliothèque rayonnée jusqu’au plafond, nous causions de l’influence des écrivains du passé, lorsqu’il se leva de son fauteuil, escalada l’échelle coulissant sur un rail qui permettait d’atteindre les étagères d’en haut et revint vers moi, un volume d’Oscar Wilde à la main :</p>
<p>– Ce qu’il m’a donné, c’est une clé. Pour tout sujet, il existe dix angles d’attaque possibles ; il faut choisir le côté inattendu, attraper le sujet de biais. C’est une véritable discipline intellectuelle et qui m’aide beaucoup.</p>
<p>Il venait de publier <em>les Mémoires de Mary Watson</em>, un roman qui rassemble trois des traits les plus caractéristiques de l’auteur du <em>Fond et la Forme </em>: ce choix, précisément, de l’angle d’attaque, son goût pour Londres et pour la littérature anglo-saxonne, le plaisir de la provocation. L’angle insolite, c’est d’avoir choisi comme personnage principal d’une aventure de Sherlock Holmes l’épouse du Dr Watson ; la provocation, c’est de donner par le truchement de Mrs. Watson l’avantage en tous domaines au Docteur sur Sherlock, ce qui n’a pas manqué d’irriter les fervents du génial détective. Enfin, Dutourd connaissait Londres comme sa poche, pour y avoir vécu trois ans, directeur de programmes à la BBC. Il affirmait qu’à la fin des années quarante elle ressemblait encore à la Londres victorienne de Mary Watson. Son goût de la littérature de langue anglaise s’était manifesté très tôt dans sa vie d’homme de lettres, ne fût-ce que par ses traductions de Truman Capote, Hemingway, Chesterton. Il parlait avec enthousiasme de Sterne, de Dickens, de Jack London dont il a préfacé les œuvres complètes chez Gallimard.</p>
<p>Nous avions fait connaissance en 1972, à l’occasion d’un dossier qu’Alfred Eibel lui avait consacré dans mon magazine <em>Matulu.</em> Dossier mémorable, en raison notamment de la photo qui l’illustre : Dutourd  en plan américain quelque part sur la Côte, torse nu, lunettes noires et pipe au bec. Avec, on ne s’en étonnera pas, en légende, une phrase de Wilde : « <em>Je sais trop que nous vivons dans un siècle où l’on ne prend au sérieux que les imbéciles et je vis dans la terreur de ne pas être incompris.</em> »</p>
<p>Cette photo nous livre un quatrième trait caractéristique de Dutourd, sans doute le principal, et qui se manifestait autant dans sa vie que dans son style : la simplicité. N’importe quel homme de plume jouissant de sa notoriété nous aurait confié pour publication l’icône pensive d’un écrivain à sa table de travail, entouré des portraits de Balzac et de Saint-Simon. Lui, un instantané de vacances. Cette simplicité bon enfant, qui éclate dans chaque ligne de ses écrits nourris d’un vocabulaire familier, de formules dépourvues d’affectation, prises comme elles viennent, mais toujours justes et pleines de vivacité, on la retrouvait chez lui au quotidien. Je me rappelle les grands dîners qu’il donnait avenue Kléber, dans l’appartement que des « jocrisses » devaient faire sauter quelques années plus tard (en 1978, un 14 juillet !). En préalable à ces dîners où se côtoyaient artistes, comédiens illustres, écrivains, où j’ai rencontré pour la première fois Jacques Chazot et Jean Le Poulain, il ne rechignait pas à donner un coup de main à son épouse Camille, charmante maîtresse de maison, et je l’ai vu dans la cuisine découper le rôti au couteau électrique, avec autant de soin et de bonne humeur qu’il en mettait à scier les perchoirs ou se pavanent les serins.</p>
<p>Né en 1920, à Paris, d’un père dentiste et d’une élève de Massenet morte quand il avait sept ans, Jean Dutourd trouvait « tout à fait ridicule d’avoir une biographie » ; en quoi il rejoignait Anouilh. Nous savons néanmoins qu’enfant, toutes les professions recommandées par les grandes personnes lui semblaient absurdes et ne pouvoir s’adapter à son cas. Il avait un penchant pour la peinture, puis opta pour la littérature : « Ma seule nécessité était d’exprimer d’une façon ou d’une autre une sorte de petite chanson que j’était sûr d’être le seul à connaître et à pouvoir fredonner. » Il a souvent repris ce thème de la « petite chanson » qu’il n’a jamais vraiment définie, mais dont la partition unit sans doute la basse continue de son amour pour la France, pour la langue française, et  les notes plus aigues de l’observateur féroce des travers politiques et sociaux.</p>
<p>   Licencié ès lettres, en juin 1940 il est mobilisé, fait prisonnier, s’évade, revient à Paris, devient répétiteur de collège, se marie avec Camille Lemercier (qui sera sa fidèle collaboratrice et l’auteur d’un pittoresque roman plus ou moins autobiographique : <em>les Fanas du ciné</em>), participe à la création du mouvement de résistance « Libération » d’où sortira le quotidien du même nom.</p>
<p>Après maintes péripéties et l’épisode londonien, il entre en 1950 comme conseiller littéraire chez Gallimard où il restera plus de quinze ans, puis se consacre désormais à ses deux activités de journaliste chroniqueur et d’écrivain. Auparavant, son premier roman <em>Au bon beurre</em> (1952) lui vaut le prix Interallié et la notoriété, « grâce à quoi ma femme a pu enfin acheter quelques paires de draps. » (<em>Matulu</em>, février 1972.)</p>
<p>D’autres romans sont sortis de son encrier : <em>les Horreurs de l’amour</em>, <em>Le Printemps de la vie</em>, <em>Mascareigne, L’Assassin…</em>On peut se demander cependant si la satire, la critique, voire la polémique n’étaient pas plus conformes à son tempérament. Moraliste du XVIII<sup>e</sup> siècle à la façon d’un Voltaire ou d’un Rivarol (dont il a superbement préfacé un recueil de morceaux choisis), plus que romancier malgré son admiration pour Stendhal. Il y a comme une contradiction entre le fouet qui cingle une société et le miroir qui la reflète. Un des meilleurs romans de Dutourd, <em>Mascareigne</em>, n’en est justement pas un, mais un conte d’histoire-fiction comme il y a la science-fiction, la société-fiction, Cyrano, Swift, <em>Micromégas, 1984.</em></p>
<p>De là, probablement, son goût jamais démenti pour le journalisme d’humeur. Dès la fin de la guerre il collabore à plusieurs revues et hebdomadaires ; à partir de 1950 à <em>Carrefour</em> (Groupe du <em>Parisien libéré</em> d’Émilien Amaury, où travaillera sa fille Clara), à <em>La Tribune de Genève</em>, à <em>La NRF</em>, au <em>Nouveau Candide</em> des années soixante. Et surtout à <em>France Soir,</em> dont il est critique dramatique de 1963 à 1970, puis éditorialiste jusqu’en 1999. Ses interventions très prisées à l’émission <em>les Grosses Têtes</em>, confrérie d’hurluberlus et de joyeux saltimbanques,  confirment son absence complète de prétention. Il n’avait d’ailleurs tenu aucun compte de la désapprobation de l’Académie française, où il siégeait depuis 1978.</p>
<p>Il y a deux beaux mots de la langue française (qu’il a si vaillamment illustrée, en particulier comme président de Défense de la langue française, et aussi à Radio Courtoisie dont il fut un des piliers) : « Conservateur » (celui qui conserve, qui protège le patrimoine) et « réactionnaire » (celui qui réagit, qui ne se laisse pas flotter au fil du courant). Dutourd était les deux, c&#8217;est-à-dire  volontariste et sachant que le rayonnement et l’existence même de la France sont affaire de volonté. Il fut donc l’une des cibles préférées de l’intelligentsia autoproclamée qui n’a cessé de se tromper sur tout depuis qu’elle règne sans partage. Dutourd répondait : « Toujours penser, quand on se croit négligé, méprisé, méconnu, aux peintures de Van Gogh entourant les poulaillers. Les prétendus intellectuels ou les puissants qui nous jugent en savent à peu près autant sur nous que les paysans artésiens sur l’art de Van Gogh. »</p>
<p>(<em>Le Spectacle du Monde n° 575, février 2011, sous le titre : &#8220;Jean Dutourd, l&#8217;esprit et la langue&#8221;.)</em></p>
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		<title>INSTANTS CRITIQUES par Michel Mourlet</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 10:04:20 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Culture]]></category>
		<category><![CDATA[Livres]]></category>
		<category><![CDATA[Arland]]></category>
		<category><![CDATA[Arts]]></category>
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		<description><![CDATA[Les Editions Alexipharmaque viennent de publier Instants critiques, quatrième volume du &#8220;Temps du refus&#8221; de Michel Mourlet, après l&#8217;Eléphant dans la porcelaine, Crépuscule de la modernité et la Guerre des idées. L&#8217;auteur a autorisé Papiers en ligneà en reproduire l&#8217;Avant-Propos, &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2011/12/03/instants-critiques-par-michel-mourlet/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=32&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong>Les Editions Alexipharmaque viennent de publier <em>Instants critiques,</em> quatrième volume du &#8220;Temps du refus&#8221; de Michel Mourlet, après <em>l&#8217;Eléphant dans la porcelaine, Crépuscule de la modernité</em> et <em>la Guerre des idées.</em> L&#8217;auteur a autorisé <em>Papiers en ligne</em>à en reproduire l&#8217;Avant-Propos, qui donne un aperçu du sens et du ton du livre. </strong></p>
<p><strong> </strong><strong>AVANT-PROPOS d&#8217;<em>Instants critiques</em></strong></p>
<p><strong>par Michel Mourlet</strong></p>
<p>   Voici donc le quatrième volume du <em>Temps du refus.</em> Le précédent ayant paru il y a dix-sept ans, il semble nécessaire de revenir un tant soit peu sur l’origine et la longue histoire de cette série d’ouvrages qui recueillent une variété de textes, <em>variété</em> au sens valéryen : une diversité de sujets de toute nature, traités presque toujours d’un même point de vue.</p>
<p>   En 1957, je commençais à publier mes tout premiers articles sur le cinéma, qui s’opposaient déjà à un certain consentement général de la « grande presse », allant du Sadoul de <em>L’Humanité</em> au Chauvet du <em>Figaro.</em> Parallèlement, j’entamai une polémique tant orale qu’épistolaire, courtoise, certes, mais inébranlable sur les postulats, avec Alain Robbe-Grillet qui venait de publier le manifeste du « nouveau roman » : « Une voie pour le roman futur »<em>.</em> La voie, en tout cas, qui s’ouvrait à moi sous l’aspect particulier de la critique &#8211; domaine secondaire par rapport à la création mais bien présent et même envahissant dans le microcosme culturel de l’époque &#8211; j’en pris conscience au moment même où j’y expérimentais mes premières armes : ce serait d’exprimer ma pure vérité de sentiment et de compréhension – adhésion, rejet, indifférence… &#8211; à la réception d’une œuvre, d’une idée  ou d’un événement. Cette démarche, la seule à mes yeux qui pût conférer quelque  valeur à la critique, gommer son image de végétation parasite épuisant la sève de l’arbre, exigeait deux conditions : ôter de mon œil dans la mesure du possible,  comme on ôte une lentille de contact, et c’est sans doute le plus malaisé, tout filtre de culture préalable, et bien entendu toute grille d’interprétation préétablie ; secondement, ne tenir aucun compte de ce que disent « les autres » de l’œuvre considérée, et <em>a</em> <em>fortiori</em> de ce qu’il est convenu ou convenable d’en dire. Certes, une éducation de l&#8217;oeil, de l&#8217;oreille, de l&#8217;esprit tout entier mobilisé, est indispensable à une bonne écoute, à une juste vision ; mais il m&#8217;importait d&#8217;oublier ce que j&#8217;avais appris pour n&#8217;en conserver que l&#8217;affinement de perception qui en résulte.</p>
<p>   À peine avais-je répondu à l’invitation de Jean Paulhan, qui avait ouvert <em>la NRF</em>  à mes chroniques de cinéma, que je croisais le fer avec Marcel Arland à propos d’Eisenstein. Et pour couronner mon entrée en dissidence, Éric Rohmer publiait quelques mois plus tard en caractères italiques dans les <em>Cahiers du cinéma</em> mon manifeste « Sur un art ignoré », dont les cinéphiles du monde  entier continuent de se jeter à la figure, par « forums » interposés, les phrases les plus provocatrices, comme s’il en allait de l’avenir de la civilisation.</p>
<p>   Ce bref rappel de mes débuts d’empêcheur d’analyser en rond n‘aura pas été complètement superflu s‘il m‘a permis de laisser apercevoir comment, le cinéma ne suffisant plus à calmer mes ardeurs, j‘en suis arrivé à fonder, en 1971, le magazine <em>Matulu,</em> engin blindé de reconnaissance (« brûlot mensuel », préféra le baptiser <em>Le Monde)</em> qui pointa durant trois ans ses canons vers tous les objectifs culturels alors à la mode ; seul à le faire en ce temps-là, <em>Arts</em> et <em>La Parisienne</em> ayant depuis assez longtemps disparu. Quelque vingt-cinq ans plus tard, on devait voir dans sa droite ligne de tir (les arts plastiques notamment) de belles résurgences de ses combats. L’unique surprise vint du fait que ses successeurs, puisant dans le même arsenal, ignoraient apparemment le parcours des pionniers.</p>
<p>   Mais qu’importe ! L’essentiel était que le message fût passé, que la torche fût transmise et qu’aujourd’hui, par exemple, personne ne pût lire sans éclater de rire les textes &#8211; ou leurs équivalents &#8211; qui valurent à leurs auteurs nos Prix du Précieux Ridicule et nos oscars du charabia.</p>
<p>   En 1975, Roland Laudenbach, le directeur de la Table Ronde, ainsi qu’il l’avait fait pour mes premières pages de théorie et de critique cinématographiques, me proposa de publier un recueil de mes principaux articles de <em>Matulu</em> auxquels j‘ajoutai quelques inédits<em>.</em> Rédigés sous le signe de la rébellion contre l’ordre culturel établi, et d’une rébellion sans compromis ni prudence car je n’ambitionnais aucune position officielle, ni n’avais de famille à nourrir, totalement libre donc, j’intitulai ce livre <em>l’Éléphant dans la porcelaine.</em> Un deuxième volume suivit en 1989 : <em>Crépuscule de la modernité,</em> puis un troisième en 1993, nourri celui-là de mon long séjour à <em>Valeurs</em> <em>Actuelles</em> : <em>la Guerre des idées.</em> Entre-temps Laudenbach était mort, j’avais changé d’éditeur et, pour mettre en évidence la parenté des trois ouvrages, je les avais coiffés d’un surtitre : <em>le Temps du refus.</em> </p>
<p>   L’échelonnement sur presque vingt années de ces trois livres d’escarmouches et de pieds de nez m’a été l’occasion d’observer une évolution intéressante : le progrès de la Pensée Correcte dans la médiasphère. Terrain d’observation : mes dossiers de coupures de presse. Même nombre de services de presse aux mêmes journaux pour les trois. 1976, 1<sup>er</sup> volume du <em>Temps du refus</em> : 34 articles ; 1989, 2<sup>e</sup> volume : 15 ; 1993, 3<sup>e</sup> volume : 16.</p>
<p>Autrement dit, de la fin de la décennie 70 au début des années 90, sur la même série d’ouvrages d’un même auteur non courbé sous la pensée dominante, la liberté de parole, soit par censure hiérarchique, soit par autocensure, soit par abrutissement spontané, a été divisée par deux. En 1976, l’un des meilleurs articles obtenus par le premier titre a été publié par un critique influent de la gauche intellectuelle : Jean-Jacques Brochier, dans <em>le Magazine littéraire.</em> Il y a trente ans, il arrivait que l’on écrivît sans partialité et que l’on pensât de même dans cette presse-là. Pareillement, dans <em>Matulu</em>, dans <em>le Quotidien de Paris,</em> tout le monde avait droit à la parole, quelle que fût la couleur de la pensée. En 1993, le journal le plus « à gauche » parmi ceux qui rendirent compte du troisième titre fut probablement… <em>le Figaro Magazine,</em> par la plume de Jean Sevillia. Voilà pourquoi ce ne sont plus les critiques qui font vendre les livres, mais les lecteurs eux-mêmes par le bouche-à-oreille, et le vent de liberté qui gonfle la Toile. À force de répéter docilement, tous ensemble, des avis téléguidés et déconnectés de la réalité éditoriale française, plutôt pauvre ainsi qu’on le remarque à l’étranger, les critiques littéraires ont par trop déçu leurs lecteurs. Ils se sont laissés déposséder de leur pouvoir. La postérité n’est pas seule à percevoir l’élan des véridiques et le ronron des fabricants. .</p>
<p>Quant aux critiques d’art, à quelques exceptions près, ils sont dans la situation de ce patron milanais à qui Marcel Duchamp avait réussi à vendre pour une petite fortune, ornée de sa prestigieuse signature, une roue de bicyclette fabriquée dans les usines du brave industriel. Ce fut le premier <em>ready made</em>. Lorsqu’il me raconta cette histoire (que j’ai d’ailleurs rapportée presque aussitôt dans le quotidien <em>L’Alsace</em><a href="http://srv04.admin.over-blog.com/index.php?module=admin&amp;action=publicationArticles:editPublication&amp;ref_site=1&amp;nlc__=231302707155#_ftn1">[1]</a>), Duchamp, en compagnie de qui je dînais en tête à tête dans un restaurant de Bergame après avoir gagné à sa cause tout un jury de festival, faillit s’étrangler de rire avec son <em>uccellino alla</em> <em>polenta</em>. De ce moment date mon intérêt pour le travail de destruction opéré par « Marchand du sel » à l’encontre de l’art qui l’entourait, qu’il méprisait et désirait pousser à son ultime degré d’insignifiance. Il y est admirablement parvenu.</p>
<p>Maintenant que vous connaissez cette histoire, lisez ce que publient les revues sérieuses sur les « installations » de bout de ficelles, les débris de ferraille et les canards en plastique rose dans les expositions d’art contemporain et vous comprendrez tout le reste.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p><strong> </strong></p>
<p>&nbsp;</p>
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		<title>Théophile Gautier par Michel Mourlet</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 09:54:41 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[Contribution de Michel Mourlet au bicentenaire de Théophile Gautier. Ceci est la version intégrale de l&#8217;étude publiée dans le n° 580 (juillet-août 2011) du  Spectacle du Monde.                                                                                                        Il ne manque vraiment au tableau que le cadre                                   Avec le clou pour &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2011/12/03/theophile-gautier-par-michel-mourlet/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=29&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p>Contribution de <strong>Michel Mourlet</strong> au bicentenaire de Théophile Gautier. Ceci est la version intégrale de l&#8217;étude publiée dans le n° 580 (juillet-août 2011) du <em> </em><strong><em>Spectacle du Monde.</em></strong></p>
<p><em> </em><em>                                                                                                      Il ne manque vraiment au tableau que le cadre    </em><em>                               Avec le clou pour l’accrocher.</em></p>
<p><em>                                                         </em><strong>Albertus</strong> (1831)</p>
<p>    Parmi d’autres surprises, on découvre dans les <em>Odes funambulesques</em> de Théodore de Banville trois des vers les plus énigmatiques de la poésie française :</p>
<p><em>Dumas avait un jonc en bois de sycomore</em></p>
<p><em>Et près de lui Gautier, qui sur la tête maure</em></p>
<p><em>Fait cinq cent vingt pour son écot !</em></p>
<p>   Avec un chiffre légèrement différent, Théophile Gautier nous en fournit l’explication : « <em>Je donnai, à l’ouverture du</em> <em>Château-Rouge</em> (célèbre bal public sous la Monarchie de Juillet), <em>sur une tête de Turc toute neuve, le coup de poing de cinq cent trente-deux livres devenu historique ; c’est l’acte de ma vie dont je suis le plus fier.</em> » L’anecdote nous fournit deux informations : l’expression « tête de Turc », c’est-à-dire objet de railleries, vient des dynamomètres de fête foraine dont le plateau de frappe s’ornait d’une figure à turban ; et la musculature de l’écrivain forçait l’admiration de ses confrères.</p>
<p>   Voilà qui confirme le portrait que brossent ses biographes à larges traits : Théophile était un <em>grand vivant</em> aux appétits féroces, rabelaisien et pas seulement en tant que lecteur, force de la nature, amateur de femmes, voyageur boulimique, épris de tout ce qui colore, parfume, embellit l’extérieur du monde. Ainsi s’est imposée une image. Outre le gilet rouge à la première d’<em>Hernani,</em> puis le fez du Tartarin  aux yeux tombants, on  a surtout vu   l’auteur du <em>Capitaine Fracasse,</em> rival de Dumas<em>.</em> Et, pour les lecteurs plus avertis, l’orfèvre baroque des octosyllabes précieusement martelés d’<em>Émaux et Camées</em>, qui préfigurent les parnassiens à l’opposé de la poésie future, musique tremblée aux résonances obscures et profondes ; Gautier, précurseur des Leconte de Lisle, Heredia, ciseleurs de formes nettes, dont l’art possède force et éclat, mais  à l’écart de la nappe souterraine qui jaillira bientôt sous la baguette des sourciers. Rappelons seulement quelques vers de « L’art », qui est à Théophile Gautier ce que « L’art poétique » est à Verlaine, les deux poèmes proclamant deux conceptions exactement inverses l’une de l’autre :</p>
<p>                                       <em>Lutte avec le carrare,</em></p>
<p><em>                                       Avec le paros dur</em></p>
<p><em>                                              Et rare,</em></p>
<p><em>                                       Gardiens du contour pur ;</em></p>
<p><em>                                  […]Peintre, fuis l’aquarelle,</em></p>
<p><em>                                        Et fixe la couleur</em></p>
<p><em>                                              Trop frêle</em></p>
<p><em>                                        Au four de l’émailleur. </em></p>
<p><em> </em></p>
<p><em>   Nous voici bien éloignés</em> de « <em>l&#8217;Impair / Plus vague et plus soluble dans l&#8217;air</em> » de Verlaine, et du « <em>regard d’une vapeur couvert ; / Ton œil mystérieux, – est-il bleu, gris ou vert ? –</em> » qui ouvre « Le ciel brouillé » de Baudelaire.    </p>
<p>   Oui, mais… Car il y a un « mais », et d’importance, et qui donne à réfléchir. C’est que Baudelaire, justement, a dédié ses <em>Fleurs du Mal</em> à Théophile Gautier. Pas n’importe quelle dédicace : « <em>Au poète impeccable, au parfait magicien es lettres françaises, à mon très cher et très vénéré maître et ami Théophile Gautier, avec les sentiments de la plus profonde humilité, je dédie ces fleurs maladives</em>. » On sent qu’il ne s’agit pas d’un hommage de simple politesse, d’une formalité obligée pour se pousser du col dans le monde littéraire. Baudelaire avait de bonnes raisons d’admirer sincèrement Gautier, de dix ans son aîné, devenu un ami.</p>
<p>   Le grand poème écrit par ce dernier en 1831, <em>Albertus,</em> avait produit une forte impression sur le futur jardinier des « fleurs maladives ». <em>Albertus</em>, ce n’est pas le Parnasse buriné et fantasque <em>d’Émaux et Camées.</em> C’est encore le romantisme aux cheveux longs, mais sans prêche social, et plus près de Hoffmann que de Lamartine. Le fantastique y frôle le trivial, les squelettes ne sont jamais très loin des étreintes furieuses de la luxure… On imagine un certain frisson de Baudelaire lisant pour la première fois : « <em>Malheur, malheur à qui dans cette mer profonde / Du cœur de l’homme jette imprudemment la sonde !</em> »</p>
<p>   Non, le romantisme de Gautier, à vingt ans, n’était déjà plus celui de Victor Hugo. Tout armée dans sa tête, la doctrine de « l’art pour l’art » allait s’élancer dans le monde des lettres, partageant pour toujours ses habitants en deux camps : les engagés qui croient au progrès de l’espèce humaine, et les antimodernes qui ne cherchent de salut que dans la beauté. En 1835, Gautier, dans sa préface à <em>Mademoiselle de Maupin,</em> étonnant roman d’introspection personnelle habillée de fiction<a href="http://srv08.admin.over-blog.com/index.php?module=admin&amp;action=publicationArticles:editPublication&amp;ref_site=1&amp;nlc__=311310301030#_ftn1">[1]</a>, et qui provoqua un beau scandale, lance l’idée qu’« <em>il n’y a de vraiment beau que ce qui ne peut servir à rien.</em> » Dans l’univers de l’utilitarisme bourgeois et moralisateur tant prôné sous Louis-Philippe, qui aurait la folie, demande-t-il, de préférer Michel-Ange à l’inventeur de la moutarde blanche ? Et d’enfoncer méchamment son clou de ferronnier dans le cercueil capitonné des Guizot : « <em>tout ce qui est utile est laid, car c’est l’expression de quelque besoin, et ceux de l’homme sont ignobles et dégoûtants, comme sa pauvre et infirme nature.</em> » Transposant la doctrine dans le monde social, Baudelaire, dans ses carnets intimes, notera : « <em>Être un homme utile est quelque chose de bien hideux</em>. » À travers Villiers de L&#8217;Isle-Adam, Huysmans, à travers combien d&#8217;autres, l&#8217;idée cheminera jusqu&#8217;au Cyrano de Rostand.</p>
<p>   On voit ainsi dans quelle proximité de pensée se trouvaient Gautier et Baudelaire, et de quelle façon le premier a ouvert la voie à toute la poésie post-romantique et à la littérature « dégagée », celle des grands « réactionnaires » des XIXe et XXe siècle. Certes il ne fut pas le seul en ces années-là, et Musset, par exemple dans les savoureuses <em>Lettres de Dupuis et Cotonet</em>, annonce les sarcasmes anti-progressistes de Flaubert, mais personne avant Gautier ni sans doute après lui n’a formulé aussi ouvertement et, pourrait-on dire, ingénument, un tel refus de la compromission de l’artiste avec la cité. Critique, oui, les yeux ouverts, mais en dehors. Refus, aux yeux des bien-pensants de toute époque, si insupportable qu’on a pu connaître, encore récemment, des tentatives pour sauver Gautier de l’opprobre, pour excuser son irresponsabilité en la minimisant par des considérations publicitaires : il s’agissait simplement pour lui de scandaliser afin d’assurer la renommée de <em>Maupin</em> !</p>
<p>   Autre point commun entre Gautier et Baudelaire : le goût et l’exercice de la critique. Ils firent partie des meilleurs critiques d’art de leur époque, avec la sûreté d’un jugement qui, ne devant rien aux modes, se trouverait corroboré  par la postérité. À la critique d’art, Gautier ajoutait la critique dramatique, avec un peu moins de bonheur. On lui a même reproché de s’intéresser au décor des pièces plutôt qu’à leur contenu, ce qui est fort exagéré. Néanmoins, un tantinet aveuglé par sa vénération pour le génie verbal du chef de l’école romantique, il n’a sans doute jamais aperçu l’absence totale de vérité humaine de la pièce dont la création tumultueuse lui avait apporté un début de célébrité : <em>Hernani</em>, ce monument dont l’absurdité avait été pointée par Balzac.</p>
<p>   Qu’il fût plus à l’aise devant une toile que devant une scène n’a rien de surprenant : avant d’opter pour la littérature, il avait songé à une carrière de rapin. Et on notera comme un aveu de sa part ce regret exprimé par le chevalier d&#8217;Albert, personnage moteur de <em>Mademoiselle de Maupin</em> : « Si j&#8217;étais peintre (et j&#8217;ai toujours regretté de ne pas l&#8217;être)&#8230; » De fait, on ne connaît pas d&#8217;écrivain qui donne autant l&#8217;impression d&#8217;être devant la page blanche comme devant un chevalet, au point qu&#8217;il ne serait pas tout à fait abusif d&#8217;appliquer à nombre de ses descriptions en vers ou en prose le précepte de Maurice Denis : « <em>Se rappeler qu’un tableau, avant d’être un cheval de bataille, une femme nue ou une quelconque anecdote, est essentiellement une surface plane recouverte de couleurs en un certain ordre assemblées</em>. » L’un des motifs, peut-être, de son admiration pour Gustave Moreau est l’exacte réciprocité qui unit l’art du peintre d’<em>Hésiode et la Muse</em> à celui du poète de <em>Symphonie en blanc majeur</em> : le premier fait de la peinture littéraire, le second de la littérature picturale. Nous sommes au cœur, au nœud inextricable des « correspondances » baudelairiennes, où toutes formes, idées, sensations se répondent. Ici sont congédiées d’avance la « peinture pure » et la poésie dont les mots ne sont les intercesseurs que d’eux-mêmes.</p>
<p>   Mais cela n’est pas le plus troublant, ni le plus décisif. On trouve dans <em>Mademoiselle de Maupin</em> (décidément son ouvrage majeur, le plus révélateur tant de lui-même que de ses ambitions de créateur) une phrase  qui éclaire d’un jour singulier le fond de sa perception des choses et le mobile le plus puissant de son travail : « <em>La vue d’une femme ou d’un homme qui m’apparaît dans la réalité ne laisse pas sur mon âme des traces plus fortes que la vision fantastique du rêve : il s’agite autour de moi un pâle monde d’ombres et de semblants  faux ou vrais qui bourdonnent sourdement, au milieu duquel je me trouve aussi parfaitement seul que possible…</em> » Si l’on rapproche cette confidence – une espèce de solipsisme des sensations – de toutes les descriptions, évocations, métaphores, qui dans son œuvre se réfèrent à un tableau, on admettra comme probable que c’est le peu de réalité qu’il reconnaît autour de lui qui le conduit à regarder le monde comme figé sur une toile. Et inversement, dans ses contes fantastiques, ces personnages de tapisserie (celle d’<em>Omphale</em>) ou accrochés dans un cadre doré, qui s’animent, commencent à parler, sautent du mur dans la pièce où s’effare le narrateur, ne sont porteurs que d’une seule signification : le monde de la peinture est plus vrai, ou à tout le moins aussi vrai que le monde réel. D’où l’idée que chez Gautier, l’accumulation incessante de références aux arts plastiques n’est ni l’étalage vain d’une érudition ni le signe d’une impuissance créatrice, mais une tentative pour se saisir d’une réalité évanescente par l’intermédiaire d’un instrument qui, à ses yeux,  l’immobilise et l’authentifie. Pour Shakespeare, le monde est un théâtre ; pour Mallarmé, l’univers doit aboutir à un livre ; pour Gautier, la peinture donne de la consistance au réel.  </p>
<p>   « <em>Ce que je fais a toujours l’apparence d’un rêve</em> », déclare le chevalier d’Albert, double introspectif de Théophile, qui recueille, coordonne, reconstruit en les systématisant et approfondissant les états d’âme et les disposition d’esprit de l’auteur, forcément plus superficiels et incohérents dans la continuité de sa vie réelle que dans celle de son héros. Ce qui explique une succession, assez courante chez les écrivains, de plusieurs personnages parfois contradictoires en apparence : le Gautier de l’humour qui se tient à distance (il s’est moqué du romantisme, comme Musset), humour facilement mélancolique: Gautier parle quelque part de sa « mélancolie noire » accompagnée d’une propension à la bouffonnerie, deux traits d’humeur ô combien compatibles avec un sentiment d’irréalité ; puis le Gautier hédoniste, païen, voire paillard, amoureux de l’amour ; plus un troisième, père de trois enfants, écrasé de travaux alimentaires et qui mourra à la tâche, en 1872, le cœur épuisé. L’excellente biographie de Stéphane Guégan montre bien cette activité incessante d’un homme au milieu de toutes les tourmentes, romantisme, révolutions, guerre, défaite ; un homme qui, autant que Hugo, aura été l’« écho sonore » de son siècle. Avec plus de générosité que le titan de Guernesay, car davantage tourné vers les œuvres des autres, librettiste pour les musiciens (<em>Gisèle</em>), feuilletoniste pour les dramaturges, aussi porté que son ami Baudelaire vers la jeune peinture et la nouvelle musique – Wagner – de son temps.</p>
<p>   Le bilan de cette vie est donc considérable et déborde de beaucoup l’image que nous évoquions au début. Certes, <em>Fracasse</em> demeure bien présent : on le réédite régulièrement et l’on en dénombre à ce jour au moins cinq adaptations à l’écran, dont la plus étonnante est à notre goût le meilleur film d’Abel Gance, tourné en 1942. On vient aussi de le porter à la scène. Cette commedia dell’arte itinérante où l’on entend des échos de <em>l’Illusion comique</em> de Corneille et du <em>Roman comique</em> de Scarron n’a pas fini de peupler notre imaginaire théâtral, nourri de Carrosses d’or et des commencements de Molière.</p>
<p>   Mais l’importance d’un écrivain, on l’a un peu oublié depuis l’arrivée de la littérature industrielle, ne se mesure pas au poids du papier. Déjà, son appartenance au cercle très restreint des pratiquants français du genre fantastique lui assigne une place à part, qu’il doit probablement à ce sentiment intermittent, que nous avons entraperçu, de l’irréalité des choses. L’un des premiers, il a énoncé un principe d’incertitude entre rêve et réalité qui mène droit au <em>Manifeste du surréalisme.</em> En attendant, étranger à tout système, y compris narratif, il réintroduit dans le roman une fantaisie baroque, perdue depuis la victoire de <em>la Princesse de Clèves</em> sur <em>le Grand Cyrus.</em> À cet égard, son chef-d’œuvre, admiré de Balzac, reste <em>Mademoiselle de Maupin.</em> Pour la narratologie contemporaine, c’est un sujet d’étude captivant où coexistent tous les modes de narration depuis le roman épistolaire jusqu’au dialogue théâtral coiffant chaque réplique du nom de l’interlocuteur, en passant par l’analyse introspective et le récit objectif. Sans omettre ce qu’on nomme aujourd’hui l’intertextualité, mot cuistre et malsonnant comme on les aimait dans les années soixante, pour désigner dans un texte donné  l’implication d’autres écrits – cités ou non –, procédé détourné la plupart du temps par Gautier au bénéfice de la citation picturale.</p>
<p>   Toutefois, ces considérations restent un peu trop cantonnées dans la cuisine de l’écrivain. Ce que Théophile Gautier nous a laissé de plus admirable, c’est sa religion de la beauté. Ce romantique d’occasion, pétri de la poésie savante et colorée du XVI<sup>e</sup> siècle (il s’en était ouvert notamment à Sainte-Beuve), était surtout un homme de la Renaissance, très vite revenu des tours médiévales et de leurs mâchicoulis. En tout point semblable au culte grec, ou, pour être plus précis, d’Alexandrie, son culte est celui de la beauté physique alliée aux raffinements les plus exquis de la sensualité. Si telle des scènes érotiques qu’il dépeint : l’amoureux couvert d’une peau d’ours qui lacère les vêtements de sa proie, nous rappelle le Néron de Suétone, c’est pour nous convaincre du seul recours des civilisations en fin de cycle : « <em>Je conçois le fol enthousiasme des Grecs pour la beauté</em>. » Le chapitre V de <em>Maupin</em> est un hymne, qui fit battre le sang aux tempes de Baudelaire et de Barrès. Mais la beauté parfaite, surtout physique, surtout humaine, est inaccessible : « <em>Je suis attaqué de cette maladie qui prend aux peuples et aux hommes puissants dans leur vieillesse : l’impossible.</em> » L’extraordinaire chapitre IX dépasse la difficulté : « <em>Le monde où je vis n’est pas le mien, et je ne comprends rien à la société qui m’entoure. Le Christ n’est pas venu pour moi ; je suis aussi païen qu’Alcibiade et Phidias. Je trouve la terre aussi belle que le ciel et la correction de la forme est ma vertu.</em> » Gautier romantique ? Gautier retardataire ? Allons donc. Il est celui qui a ouvert la voie à Mallarmé, graveur de signes sur une digue de marbre contre les vagues du néant.       </p>
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		<title>ANTOINE BLONDIN par Michel Mourlet</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 09:35:56 +0000</pubDate>
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		<category><![CDATA[André Fraigneau]]></category>
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			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>Dans son numéro 6 (automne 2011), la revue</em></strong> <strong>Livr’Arbitres <em>a publié un dossier spécial à l’occasion du vingtième anniversaire de la disparition d’</em></strong><strong><em>Antoine Blondin. Au sommaire, plusieurs contributions, notamment de Francis Bergeron, l’actif président des Amis d’Henri Béraud, qui vient de signer une monographie</em></strong> <strong><em>d’</em> Hergé <em>chez Pardès, l’essayiste Alain Sanders, Joseph Vebret, directeur de la rédaction du</em> Magazine des livres<em>, et aussi quelques souvenirs de Michel Mourlet, que nous reproduisons ici :</em></strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p><strong>SOUVENIRS AU FOND DU VERRE</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>   Dès lors que, coopté par André Fraigneau et Michel Déon, et aussi grâce à l’onction de Paul Morand, j’eus pris place en 1961 parmi les preux chevaliers de cette Table Ronde dont le roi Arthur s’appelait Roland Laudenbach, je fus amené à rencontrer Antoine Blondin. Plus souvent, certes, dans les bistrots de la rue du Bac et alentour que dans les bureaux éditoriaux où Déon officiait comme directeur littéraire. La pêche aux souvenirs ne diffère en rien de la pêche à la ligne : on tire de l’étang un joli gardon qui frétille ou aussi bien un soulier à gueule de brochet. Avec Antoine, elle se complique pour moi d’un détail : tous les souvenirs que j’ai de lui dorment au fond d’un verre.</p>
<p>   J’ai fait sa connaissance par une belle matinée de juin bleu et or. Il était attablé en compagnie de Roger Nimier et de Daniel Boulanger à la terrasse d’un café dont j’ai oublié l’enseigne. Venus de la Table Ronde, Déon et moi les avions rejoints. Encore barbouillé du lait d’Io la blanche, je m’assis un peu intimidé entre les deux auteurs déjà célèbres des <em>Enfants tristes</em> et des <em>Enfants du Bon Dieu</em>. Tout à trac, le premier me proposa de l’affronter dans l’exercice de lutteurs de foire qu’on appelle « bras de fer ». Surprenante entrée en matière : sans doute une sorte d’épreuve ou d’ordalie assurément plus instructive que de solliciter mon avis sur le rapport de la noèse et du noème dans la <em>Phénoménologie de la perception,</em> comme l’eût fait un intellectuel de gauche (Merleau-Ponty venait de trépasser). Nous filions  plutôt la métaphore d’une de ces scènes des films américains dont nous étions friands, là où une amitié éternelle se soude à l’issue d’une grosse bagarre alcoolisée. À mon vif étonnement, je ne rencontrai dans le biceps de Nimier aucune résistance. C’est alors que mon autre voisin, Antoine, me présenta son avant-bras. Plantant nos coudes l’un contre l’autre, nous nous empoignâmes avec vigueur. Ma surprise ne fut pas moins forte : mon adversaire – dont la réputation ne m’était pas inconnue – administrait la preuve qu’un pilier de bar, si on lui procurait le point d’appui réclamé par Archimède, aurait pu soulever la Terre. Nous luttâmes jusqu’à la limite qui fait trembler les muscles, puis, d’un commun accord, abandonnâmes la partie.</p>
<p>   Nous nous revîmes quelques semaines plus tard, à l’occasion d’un colloque impromptu sur le cinéma français que j’avais organisé dans un bureau de la Table Ronde, au milieu d’un coquetel dont les bulles moussaient à flots. J’avais réuni non sans peine autour d’un magnétophone, les arrachant à leurs petits fours, Blondin, Déon, Fraigneau, Guimard, Nimier et Dominique Rollin. Les interventions un tantinet bredouillantes d’Antoine, entre deux coupes, furent succinctes : il s’interrogeait sur les exigences particulières de l’écran par rapport au livre, sujet fort académique, mais prit quand même le temps d’échanger avec André Fraigneau, plus pétulant que jamais, quelques considérations insolites au cours desquelles <em>Un singe en hiver</em>, dont l’adaptation était en projet, devint « Un singe en été », puis « le Singe d’une nuit d’été ».</p>
<p>   Mais si je pèse mes souvenirs, le plus marquant que je garde d’Antoine remonte au printemps 1973, un après-midi où il m’avait entraîné au Bar Bac. Il ne buvait alors que de la bière, m’avait néanmoins offert un scotch et, de but en blanc, s’exclama : « Grâce à vous, j’ai recommencé à parler avec ma femme ! » De quoi être interloqué !  La scène se passait peu de jours après la publication dans les <em>Cahiers de la Table Ronde</em> d’une de mes nouvelles : « Happy Birthday to you », appartenant au cycle de Patrice Dumby. Antoine consentit à me fournir une explication : à la suite d’une mésentente conjugale chronique, sa femme et lui ne communiquaient plus que par de très laconiques billets. Or, me raconta mon interlocuteur le plus sérieusement du monde, après avoir lu l’un comme l’autre ma nouvelle, ils s’étaient regardés et avaient ouvert la bouche en même temps… pour exprimer en langage articulé leur totale satisfaction. Je n’ai jamais su combien de temps dura cet armistice, ni même si l’anecdote était véridique ou née de l’imagination d’Antoine dans la seule intention de me faire plaisir…</p>
<p>  Quelqu’un qui aurait peut-être pu m’apporter ces précisions, c’était son ami Roger Bastide, le chroniqueur sportif du <em>Parisien</em>, vaste armoire bourrée de Ballantine’s et d’humour, que j’ai bien connu. Il se présentait lui-même comme « terrassier de la pensée ». Je n’ai pas songé à le questionner. La dernière fois que je les ai croisés ensemble, c’était au tout début des années quatre-vingt, à l’arrivée d’un  marathon parisien ponctué de haltes bistrotières. Cet événement sportif organisé par Bastide en l’honneur d’Antoine s’acheva sous une avalanche de saucissons et de rillettes arrosés de beaujolais.</p>
<p>   La vocation de ceux qui s&#8217;enrôlent dans « la Légion étrangère des noctambules », Antoine Blondin l&#8217;expliquait par « le goût de la nuit où les différences s&#8217;estompent, où les conflits se résolvent dans l&#8217;anonymat des bistrots&#8230; » Résumant cette expérience, <em>Alcools de nuit</em>, paru chez Michel Lafon en 1988 et réédité récemment au Rocher, est un dialogue à trois voix : Blondin, Bastide et Jean Cormier, grand spécialiste du rugby, journaliste sportif au <em>Parisien</em> comme le regretté Bastide, et qui lui non plus ne fut pas étranger, me semble-t-il, au Marathon des leveurs de coude. Cela se passait donc à la fin du premier septennat de François Mitterrand. (Le détail a son importance, lorsque on se rappelle le ralliement d&#8217;Antoine en 1981, qui ne surprit que ceux qui prenaient le nouveau président, ancien fidèle du Maréchal, défenseur pugnace de l&#8217;Algérie française et fossoyeur du Parti, pour un homme de gauche.) Trois vieux copains, « écologistes du comptoir », se remémoraient avec une pointe de nostalgie leurs virées nocturnes, leurs grands chelems, leurs Tours de France. Ces trois-là se sont bien amusés, malgré l&#8217;angoisse de la « dernière tournée » après quoi chacun doit rentrer chez soi ; et quoiqu&#8217;ils vécussent dans ce cauchemar : voir les ultimes vrais bistrots parisiens peu à peu transformés en abreuvoirs de Coca-Cola pour moutons mondialisés. Antoine était convaincu que les saines traditions qui firent la grandeur de la France se conservent mieux dans l’alcool.</p>
<p>&nbsp;</p>
<p>Michel Mourlet</p>
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		<title>NICOLAS BOILEAU par Michel Mourlet</title>
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		<pubDate>Sat, 03 Dec 2011 09:24:03 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
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		<description><![CDATA[À notre avis, l’une des meilleures idées de cadeau pour les fêtes de fin d’année, et l’une des plus originales, est un abonnement d’un an au luxueux magazine mensuel d’informations générales et culturelles Le Spectacle du Monde, publié par le &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2011/12/03/nicolas-boileau-par-michel-mourlet/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=22&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<p><strong><em>À notre avis, l’une des meilleures idées de cadeau pour les fêtes de fin d’année, et l’une des plus originales, est un abonnement d’un an au luxueux magazine mensuel d’informations générales et culturelles</em> Le Spectacle du Monde<em>, publié par le Groupe Valmonde (3-5, rue Saint-Georges, 75009 Paris). Pour la France, il n’en coûte que 77 €. Le numéro 584 de décembre 2011 vient de paraître avec un dossier central sur l’histoire de France, dont les signataires sont notamment François Bayrou, Jean-Louis Debré, Marie France Garaud, Jean-Marie Le Pen, François d’Orcival, Roger-Gérard Schwartzenberg, M<sup>e</sup> Jacques Vergès. On y trouve aussi une importante étude de Michel Mourlet, contribution au tricentenaire de Boileau, que nous reproduisons ci-dessous avec l’autorisation de l’auteur.</em> </strong></p>
<p><strong>NICOLAS BOILEAU</strong></p>
<p><strong> </strong><strong>LE PHARE DU GRAND SIÈCLE</strong></p>
<p><strong> </strong></p>
<p>   Que représente aujourd’hui pour nous Nicolas Boileau ? Le tricentenaire de sa mort, inscrit aux Célébrations nationales, nous presse de répondre. Car enfin, Corneille, Racine, Molière demeurent aux yeux de la postérité, et même avec beaucoup plus de lustre, ce qu’ils étaient de leur vivant. La Fontaine, tout en restant le roi des fabulistes, a immensément grandi. Or, puisque Boileau se définissait poète, qu’est-ce en 2011 que la poésie ? Pour aller vite : un choc imprévu de mots imprimant dans l’esprit une suggestion plus vive que les représentations habituelles,  de préférence soutenue par le rythme, la consonance ou la dissonance des syllabes. Qu’en est-il alors d’un poète, célébré comme tel en son temps, dont la production est devenue l’exemple de ce qu’il ne faut pas faire ? Dont <em>les Embarras de Paris</em> ou <em>les Plaisirs des champs</em> offrent le parfait contraire de ce que nous appelons « poésie » depuis Lamartine et ses harmonies vaporeuses, depuis Hugo et sa prodigieuse puissance évocatrice, depuis le symbolisme des correspondances, depuis le « <em>sens plus pur des mots de la tribu</em> » ? Comme Boileau l’avoue dans l’Épître IV, <em>le Passage du Rhin </em>: « <em>Le vers est en déroute et le poète à sec</em> ».   </p>
<p>   Pas plus que l’Histoire ou les connaissances scientifiques, la postérité littéraire n’est fixée dans la rigidité cadavérique à laquelle beaucoup se réfèrent, chaque génération étant persuadée de détenir sur ces questions des certitudes définitives. La postérité n’est pas une sorte de mort. Elle est quelque chose de vivant, donc d’évolutif. Pour illustrer cette constatation, il n’est guère de meilleur exemple que Nicolas Boileau.</p>
<p>   Au lendemain de sa disparition, le 13 mars 1711, on ne l’admire pas seulement en tant que poète. Il apparaît comme le meilleur critique de son temps, pour avoir formulé avec le plus de clarté, d’élégance, de vigueur et de précision les idées déjà contenues dans une multitude de traités, de préfaces, de vers didactiques, de libelles discutés avec passion à la Cour et dans les salons. Ce n’était pas si mal vu. Puis, les textes souvent embrouillés ou mal écrits (ce qu’on appelait « mal écrit » à l’époque, et qui semblerait une bien belle langue aujourd’hui), tout ce discours théorique des prédécesseurs et contemporains de Boileau tomba dans l’oubli. Seul ou à peu près subsiste, grâce à l’excellence intemporelle de son style, celui qu’on surnomme le « législateur du Parnasse ». De ce fait, au long des XVIII<sup>e</sup> et XIX<sup>e</sup> siècles, on le tient quasiment pour l’inventeur des principes qu’il a imposés. Sans lui, affirme Sainte-Beuve, ni Molière ni Racine n’eussent été ce qu’ils furent : « <em>Molière lui-même aurait donné davantage dans les Scapins, et n’aurait peut-être pas atteint aux hauteurs sévères du</em> Misanthrope. » À la toute fin du siècle de Sainte-Beuve, Émile Faguet parle encore à son sujet d’« École de 1660 », voire de révolution.</p>
<p>   Avec les dix-septièmistes de la première moitié du XX<sup>e</sup> siècle, avec l’étude systématique des petits maîtres oubliés, le point de vue va changer. Les Émile Magne, Daniel Mornet, Antoine Adam vont replacer l’œuvre de Boileau dans son contexte historique et littéraire complet et s’apercevoir que la prétendue révolution de 1660 a commencé bien avant : Boileau n’est pas le défricheur du classicisme, mais son « écho sonore », selon la formule que Victor Hugo s’appliquera à lui-même. Ensuite, la poésie cessant d’être comprise comme une branche de la rhétorique : l’art de mettre en rimes la Raison, on a commencé à fustiger le « législateur » (et, par la même occasion, son modèle Malherbe) au nom de la vraie poésie, celle qui suggère plutôt qu’elle ne désigne, celle qui jamais n’« <em>appelle un chat un chat</em> ». Le principal responsable du sommeil en France de la poésie lyrique entre la Pléiade, escortée de l’École lyonnaise, et Lamartine, soit durant deux siècles, c’était lui ! Et nous arrivons à ce tricentenaire. Qui en France s’intéresse encore à Nicolas Boileau-Despréaux, honni des beaux esprits, ignoré des incultes ? Son œuvre a-t-elle encore quelque chose à nous dire ?</p>
<p>   Il naît le 1<sup>er</sup> novembre 1636 à Paris, quinzième enfant de Gilles Boileau,  d’origine modeste mais dont la famille n’était pas dépourvue d’alliances dans la haute magistrature. Simple huissier à ses débuts, Boileau père a arrondi son pécule, gravi habilement l’échelle sociale, acquis une charge de « greffier de la Grand Chambre du Parlement ». La mère de Nicolas, seconde épouse de Gilles, meurt à vingt-sept ans ; l’enfant n’a que dix-huit mois.</p>
<p>   Tout le pousse vers la basoche, mais dès l’adolescence il dévore les romans des Scudéry, les poètes français et latins, et gribouille des tragédies en cachette. Il fait son droit. Avocat à vingt ans, il quittera vite le Barreau,  étudie la théologie en Sorbonne, songe à l’habit ecclésiastique peut-être à la suite d’un chagrin d’amour, y renonce, bien que nanti d’un prieuré ; et, de velléités en abandons, il achève ses années d’apprentissage dans une agréable oisiveté, partagée entre la fréquentation des cercles et coteries de lettrés qui pullulaient en ce temps-là, et celle des cabarets. La vie sentimentale de ce célibataire impénitent, auteur d’une satire <em>Contre les femmes</em>, reste aussi mystérieuse que celle de La Bruyère. Elle se réduit à quelques hypothèses, celle notamment d’une alouette qui lui aurait préféré un brillant mousquetaire.</p>
<p>   Son caractère et son talent se dégagent peu à peu de la gangue des influences et se révèlent d’une forte originalité : il ne se fie qu’à son propre jugement, fait fi des célébrités usurpées, trie avec acharnement le bon grain de l’ivraie, s’emporte facilement contre les égarements d’autrui en matière de littérature, s’arme de l’ironie la plus cruelle pour abattre ses adversaires. Il convient de noter cependant qu’il ne nourrissait à leur endroit aucune haine <em>ad personam</em>. Il lui arriva même d’ouvrir sa bourse pour porter secours à certains. Mais il se fit beaucoup d’ennemis, qui n’hésitaient pas, eux, à amalgamer dans leur détestation l’œuvre et la personne. Il illustrait cette race d’hommes à la sincérité passionnée qui s’attachent autant d’amis irréductibles que de détracteurs acharnés. Boileau est intéressant aussi de ce point de vue-là : les ayant subies ou provoquées à leur plus haut degré, il constitue une référence emblématique de toutes les rivalités, intrigues, médisances, rancunes mijotées et recuites, qui agitent depuis toujours le bouillon de culture parisien . Une fois de plus, il faut s’émerveiller de la perspicacité du roi. « <em>Louis XIV</em>, écrit Sainte-Beuve, <em>en couvrant Despréaux de son estime, n’aurait pas souffert qu’il fût sérieusement entamé par les railleries de cour. Le grand sens royal de l’un avait apprécié le bon sens littéraire de l’autre, et il en était résulté un véritable accord de puissances.</em> »</p>
<p>   Dans les jours impétueux de la jeunesse, tant son tempérament que sa culture le mènent droit à la satire. D’ailleurs, il nourrira toute sa vie l’ambition d’être l’Horace et le Juvénal français, que Mathurin Régnier en dépit de son charme pittoresque – « <em>Les nonchalances sont ses plus grands artifices</em> » Ce mot désigne l&#8217;examen, par la raison, de la valeur logique d&#8217;une démonstration.</p>
<p>  – n’a pas égalés. La crainte de s’aliéner trop de protections le conduira par la suite à émousser quelque peu sa pointe. À la fin, il se posera en grand-prêtre que l’on vient consulter ; à qui Voltaire dédiera  <em> Mon Testament</em> : «<em> oracle du goût dans cet art difficile / Où s&#8217;égayait Horace, où travaillait Virgile</em> ». D’où la division de son œuvre en trois parties successives : les Satires, les Épîtres, <em>l’Art poétique</em>. Mettons à part <em>Le Lutrin</em>, qui fit beaucoup pour sa réputation dans les collèges, et nous semble un peu long aujourd’hui. Ce « poème héroï-comique » appartient par un côté au genre satirique, quoiqu’il vise surtout à développer une forme de comique en soi,  reposant sur un contraste qui confirme l’analyse de Bergson : un style mécaniquement plaqué sur le vivant d’une situation inappropriée. Opposé au burlesque traditionnel, traitement trivial d’une matière noble (« <em>Qu&#8217;il est joli garçon, l&#8217;assassin de papa ! </em>»dira Chimène dans un poème de Fourest), Boileau avec <em>Le Lutrin</em> en propose le contraire : une cocasse affaire de mobilier relatée sur le ton tragique.</p>
<p>    Sur le plan strictement historique, le nom de notre aristarque s’attache surtout à deux événements : la Querelle des Anciens et des Modernes et la charge honorifique et lucrative d’historiographe du roi, qu’il partagea avec Racine. Le fruit de cette collaboration, disparu dans l’incendie d’une bibliothèque, n’était sans doute pas le chef-d’œuvre du siècle. Quant à la Querelle qui mobilisa tant d’esprit et d’énergie, elle nous paraît à présent assez confuse : les partisans de l’Antiquité avaient parfois des vues plus modernes et audacieuses que leurs adversaires. Ces derniers étaient loin de mépriser Homère.</p>
<p>   Nous concernent davantage les sentences du goût gravées dans la pierre  de quelques alexandrins rugueux, au fronton du Grand Siècle. Elles ont assuré à leur auteur une place à part dans le cortège un peu triste des critiques, aussi souvent démentis que les économistes ou les politologues. Miracle ! Plutôt que le Législateur, mieux que le Satirique, on devrait surnommer Boileau « l’Infaillible ».</p>
<p>   Que pour ses contemporains le « paysage culturel » parût fort différent de son reflet dans notre rétroviseur, cela va sans dire. Comme à toutes les époques, une multitude de barbouilleurs de papier et d’histrions tenaient le haut du pavé, applaudis par la foule, protégés par les Grands. Racine, Molière et jusqu’à Pierre Corneille éclipsé par son frère Thomas, avaient toutes les peines du monde à exister. Les gens à la mode s’appelaient Chapelain, Quinault, Scudéry, Charpentier, les abbés mondains : Cotin, de Pure, cent autres. Tragédies fades, poèmes maniérés, romans extravagants se disputaient la faveur du public.</p>
<p>    Un jeune homme surgit, bouillant d’enthousiasme, de juste colère et d’impatience. Révolté par le conformisme, l’absence de discernement de la plupart des faiseurs de réputations (nous les connaissons bien, c’étaient les mêmes qu’aujourd’hui), il crible la fourmilière de coups de pieds, manque d’être dévoré dix fois, se calme un peu tout en renforçant ses positions, achève son existence en vieux sage reconnu. Phare à l’entrée du port, il a désigné les écueils et le chenal ; il a assigné aux bons et mauvais écrivains leur juste place, dont ils n’ont plus bougé.</p>
<p>    Que dit-il ? Pour le principal : que l’art doit  se fonder sur le vrai : « <em>Rien n’est beau que le vrai, le vrai seul</em> <em>est aimable</em>. » Par ce « vrai », interchangeable avec « raison », il convient d’entendre tout le vraisemblable, tout ce qui se rattache d’une manière ou d’une autre aux possibilités de l’univers… et de la logique, émanation de l’univers. Point capital. Pour que le sentiment du beau circule réellement entre l’émetteur qu’est l’artiste et le récepteur de l’œuvre, les règles de la communication  exigent une identité des codes ; assurée en art par les lois de Nature. Lecteur de Pascal, Boileau a fait sienne l’épigraphe du <em>Spectacle du Monde </em>: « <em>Il faut de l’agréable et du réel ; mais il faut que cet agréable soit lui-même pris du vrai</em>. » Hors ce cadre du plausible, si le récepteur de l’œuvre est sincère, il lui est impossible d’y adhérer. On connaît de nos jours la valeur de ce critère dans les arts de l’image mécanique, cinéma et télévision. </p>
<p>   Contrairement à une idée reçue, notre XVII<sup>e</sup> siècle est loin d’être unanimement cartésien. Certes, il a vu un prodigieux développement de l’outil mathématique. Il a conçu les lois de l’optique, l’application de l’algèbre à la géométrie, les calculs différentiel et des probabilités. Parmi cent autres avancées, on pourrait citer aussi les débuts de l’aménagement raisonné du territoire… Mais l’Église toute-puissante se veut toujours dans le sillage d’Aristote, le Roi-Soleil est monarque d’une théocratie, une large partie de l’espace social et culturel est occupée par un merveilleux – chrétien ou païen – le plus souvent de pacotille ; la littérature se berce des imaginations les plus bizarres, se complaît dans une préciosité qui confine au délire. La poésie lyrique, devenue jeu de société, tombée aux mains de petits rimeurs aux grâces farfelues, en était morte. Le théâtre risquait d’en mourir. Peu s’en fallut que la <em>Phèdre</em> de Pradon n’étouffât celle de Racine.</p>
<p>   L’apport de Nicolas Boileau est là. Par son retour à l’antique, à la robustesse des vieux maîtres, par l’affirmation du rôle essentiel de la raison, de la nécessité du vrai et d’un polissage artisanal de cette vérité (« <em>Cent fois sur le métier</em>… ») il n’a pas sauvé la poésie lyrique des XVII<sup>e</sup> et XVIII<sup>e</sup> siècles, mais avec son prédécesseur Malherbe, épurateur du langage, il a confié aux dramaturges et aux moralistes, aux philosophes des Lumières aussi, l’instrument de précision et de simplicité qui manquait à Jean de Rotrou et leur a permis de composer leurs chefs-d’œuvre.</p>
<p>   Le problème posé par la poésie est complexe : il serait à la fois trop facile et inexact de rendre Boileau et Malherbe responsables de son naufrage durant les deux siècles en cause. La poésie, qu’elle soit d’épanchement personnel ou descriptive, demande une concentration sur soi, sur les sensations éprouvées, une contention, une sorte particulière d’égocentrisme en quelque sorte, un sens, un goût de la solitude où s’épanouissent des états de l’âme qui, à l’évidence, ne pouvaient trouver asile dans la société française d’alors. Ces siècles furent ceux de la plus grande sociabilité, de la société-spectacle, de la politique-opéra ballet dans un théâtre de verdure ; une société  tournée vers l’extérieur, vouée au commerce des hommes et guère ou pas du tout aux ruminations solitaires telles que les inaugurera Jean-Jacques, les  amplifiera Chateaubriand. C’est peut-être pourquoi la meilleure poésie du XVIII<sup>e</sup> fut celle des poètes venus des « Isles ». Un authentique lyrisme va renaître au moment où la société française passera de la sociabilité aristocratique à un embourgeoisement familial replié sur lui-même, pétri d’individualisme, de nostalgies préclassiques et d’appétits nouveaux, terreau du romantisme, en prose puis en vers.</p>
<p>   Ainsi, Boileau ne pouvait pas grand-chose pour cette poésie dont il se croyait parfois dépositaire, plus précisément réformateur, et qui, après les beautés sévère de Maurice Scève, les  mélancolies de Du Bellay, avait versé dans la rhétorique versifiée ou les mièvreries de boudoir. Il a conscience, d’ailleurs, de ses insuffisances. Ses accents de sincérité nous touchent : « <em>Je sais coudre une rime au bout de quelques mots. / Souvent j’habille en vers une maligne prose : / C’est par là que je vaux si je vaux quelque chose.</em> En revanche, homme du théâtre social, convive recherché – même à un <em>Repas ridicule</em> ! – bien accueilli dans les salons où il débitait ses écrits tout frais avec une science consommée, spectateur rompu aux arts de la scène, il a joué un rôle décisif dans la reconnaissance de ses amis auteurs dramatiques. Et si nous lisons encore avec amusement ses satires, ou même certains passages du <em>Lutrin</em>, c’est qu’ils ressemblent à des tirades de grande comédie.</p>
<p>   Inlassablement, Boileau nous ramène à la raison. Et à la pureté de la langue qui n’est pas une obsession de grammairien mais la condition d’une pensée juste : « <em>Surtout qu’en vos écrits la langue révérée / Dans vos plus grands excès vous soit toujours sacrée</em>. » En un temps créateur de richesses intellectuelles, ce serait sans grande portée. On saluerait Boileau de loin. Dans la débandade du sens commun, voire du sens tout court, qui caractérise nos académismes moribonds, le phare rallumerait opportu-nément ses feux, qui éclairèrent tout un siècle.</p>
<p>___________________</p>
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		<title>L&#8217;Anti-Brecht</title>
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		<pubDate>Tue, 16 Feb 2010 15:49:25 +0000</pubDate>
		<dc:creator>franceunivers</dc:creator>
				<category><![CDATA[Livres]]></category>

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		<description><![CDATA[En avant-première de la nouvelle édition revue et augmentée de L&#8217;Anti-Brecht (à paraître en mars aux Editions France Univers), Michel Mourlet nous a autorisés à en reproduire le chapitre ci-dessous, qui ne figurait pas dans l&#8217;édition de 1989 :   &#8230; <a href="http://franceunivers.wordpress.com/2010/02/16/lanti-brecht/">Lire la suite <span class="meta-nav">&#8594;</span></a><img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=5&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></description>
			<content:encoded><![CDATA[<div id="msgcns!AA3C3B797FEA709E!164" class="bvMsg">
<div><font size="4"><em>En avant-première de la nouvelle édition revue et augmentée de </em>L&#8217;Anti-Brecht <em>(à paraître en mars aux Editions France Univers), Michel Mourlet nous a autorisés à en reproduire le chapitre ci-dessous, qui ne figurait pas dans l&#8217;édition de 1989 :</em></font></div>
<div><em><font size="4"></font></em> </div>
<div>
<p style="text-align:center;text-indent:18pt;margin:0;" align="center"><b><span style="font-size:18pt;"><font face="Times New Roman"><font color="#000000">Le Démon des planches</font></font></span></b></p>
<p style="text-align:center;text-indent:18pt;margin:0;" align="center"><span><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000">Souvenirs d’un intermittent du spectacle</font></font></font></span></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><span><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman"> </font></span></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><span><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman"> </font></span></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><span><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000">Dès ma première plume d’oisillon littéraire, je fus frappé &#8211; et quelque peu agacé &#8211; par le caractère monodique du récit romanesque ; j’entends : l’impossibilité de faire exister simultanément pour l’œil et l’oreille plusieurs réalités distinctes. La narration ne peut que poser et développer successivement les divers personnages, leurs faits et gestes, leurs répliques, le décor visuel, le décor sonore. Il n’y a pas de polyphonie, de contrepoint, d’orchestration possibles, mais, si variée qu’elle puisse être, une mélodie jouée sur un seul instrument. J’ai vécu cela, et je le vis toujours comme une infirmité du récit. Il en va de même d’ailleurs, de la poésie, en dépit de la tentative de Mallarmé, vouée à l’échec et qu’il jugeait lui-même assez folle, d’« Un coup de dés »…</font></font></font></span></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><b><span> </span></b>La seule polyphonie littéraire concevable était donc le théâtre et j’ai très vite voulu expérimenter cette naïve découverte de mes dix-huit ans. Je garde une grande reconnaissance à une productrice de France Culture, Lily Siou, de m’en avoir offert l’occasion.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><span> </span>Ancienne comédienne, compagne du comédien Marcel André qui portait beau avec sa cape et son chapeau de biais à la Guitry, Lily Siou fut dans les années d’après-guerre l’un des plus actifs et perspicaces producteurs de radio. Elle donna une de leurs premières chances à Ionesco, Audiberti, Jacques Perret, ouvrit ses ondes à Morand, Fraigneau, Déon, combien d’autres. Grâce à elle, un temps, la radio française joua le même rôle de découvreur de talents que la BBC d’outre-Manche.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><span> </span>Lily Siou produisait notamment les séries « Carte blanche » et « Echos du Grand Siècle ». Fraigneau et Déon m’avaient dit : « La radio, c’est un merveilleux outil de théâtre. On vous donne les plus grands comédiens ; tous les changements de décor, tous les sons, les musiques, tous les découpages, les rythmes, sont réalisables… » Lily Siou me proposa d’abord une « Carte blanche », formule ô combien dangereuse et séduisante puisqu’on y travaille sans filet. Cette liberté m’enthousiasma et c’est alors que j’écrivis <i>la Mort de Néron</i>, manière de réhabilitation, ou du moins d’explication, de cet empereur qui m’a toujours fasciné, maudit parce que « plus artiste que roi ».</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><span> </span>Diffusée en 1963, la pièce eut la chance d’être interprétée par un comédien qui, dans le rôle-titre, me sidéra : Jean-Pierre Jorris. Cet artiste d’exception, sous-employé, mal utilisé, est le seul qu’en quarante ans de pratique auditive de l’art dramatique sous toutes ses formes, j’aie jamais entendu moduler le registre de sa voix de l’aigu au grave d’une façon aussi musicale et, si j’ose dire, spectaculaire ; à telle enseigne qu’il fit de ma pièce un opéra.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><span> </span>Trois ans plus tard, Lily Siou me demanda si j’avais envie d’écrire quelque chose sur le siècle de Louis XIV. Elle tombait à pic ! Depuis des années je réfléchissais à l’art des jardins « à la française ». Le personnage de Le Nôtre me passionnait : un jardinier capable de transposer dans l’herbe, l’eau, le feuillage, la pensée du Roi-Soleil et la dramaturgie de Racine…</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><span> </span>Cette fois encore, je bénéficiai d’une distribution de rêve. <i>Le Méditation au jardin</i> plut et fut rediffusée sur toutes nos ondes d’outre mer.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><span> </span>Un auteur dramatique à part entière consacre sa vie et son œuvre à la scène. Je serai plutôt un « intermittent du spectacle ». Mais, quelque absorbantes que soient mes activités, toujours un petit démon masqué et chaussé de cothurnes me souffle à l’oreille : « Ecris donc pour le théâtre. »</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><span><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman">  </font></span></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><b><span>   </span></b>Le démon l’emporta en 1969. Pour une actrice qui m’était chère, j’écrivis <i>La Sanglière</i>, au destin fort singulier. La pièce (dont l’action se déroule en 1795, pendant l’Affaire de Quiberon) d’abord ne trouva aucun théâtre et probablement pas davantage de lecteurs parmi les quelques directeurs de salle ou de troupe à qui je l’envoyai. J’expérimentai là, à mes dépens, le peu d’intérêt, voire la répulsion instinctive, de nos animateurs de spectacle depuis la fin des années soixante pour tout ce qui peut ressembler à une œuvre nouvelle, hors de la <i>Cosa Nostra</i> subventionnée.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font face="Times New Roman"><font size="3"><font color="#000000"><span> </span>Une première chance fut offerte à <i>la Sanglière</i> par Dominique Leverd (qui depuis s’est ruiné en montant, admirablement, les <i>Dialogues des Carmélites</i> sous chapiteau). Avec sa troupe, il en assura la « mise en voix » devant une centaine de personnes, en 1979, dans la crypte de la Madeleine, sous l’égide de l’A.D.A.C. de la Ville de Paris.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font color="#000000"><font size="3"><font face="Times New Roman"><span> </span>En 1987, Loris Talmart </font><span style="font-family:Symbol;"><span>-</span></span><font face="Times New Roman"> l’éditeur le plus courageux de France </font><span style="font-family:Symbol;"><span>-</span></span><font face="Times New Roman"> la publia en compagnie de mes deux pièces radiophoniques. Il en fut récompensé puisque j’obtins un prix</font></font></font><a title="" href="http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogentry&amp;_c=BlogPart#_ftn1"><span><span><span><span style="font-family:'Times New Roman';font-size:12pt;"><u><font color="#0000ff">[1]</font></u></span></span></span></span></a><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman"> dont ce devait être l’unique apparition dans le ciel des lettres, le mécène, une grande firme de cosmétiques, ayant fait faux bond de manière assez pitoyable à un jury composé de deux académiciens, Thierry Maulnier et Jean-Louis Curtis, de Silvia Monfort, Jean-Laurent Cochet, Philippe Tesson et quelques autres.</font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font size="3"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><span> </span>Mais la résurrection la plus étrange de cet ouvrage eut lieu en 1989, soit vingt ans après sa composition, dans le cadre du bicentenaire de la Révolution. Pour une pièce où la contre-révolution est plutôt bien portée, c’est un paradoxe qui m’enchante. <i>La Sanglière</i> fut présentée plusieurs soirs de suite en plein air, dans le décor magique, on eût dit construit pour elle, de l’abbaye bénédictine de Ferrières-en-Gâtinais.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><font size="3"><span> </span>Le petit diable des planches n’est pas dénué d’une certaine hypocrisie, ce qui n’étonnera personne : sous couvert d’idées esthétiques, polyphonie, évocation concrète d’un monde, je me demande s’il ne cherche pas surtout l’irremplaçable ivresse, pour un auteur, de voir et d’entendre son œuvre représentée devant toute une assistance, applaudie par des centaines de mains <i>qui l’entourent</i>. L’écrivain à jamais solitaire devant le papier d’abord blanc, puis noirci de son écriture, puis imprimé et habillé d’une jolie robe colorée, l’écrivain encore et toujours solitaire face aux comptes rendus des critiques, aux lettres de lecteurs</font></font></font><a title="" href="http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogentry&amp;_c=BlogPart#_ftn2"><span><span><span><span style="font-family:'Times New Roman';font-size:12pt;"><u><font color="#0000ff">[2]</font></u></span></span></span></span></a><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman">, le voici, grâce au théâtre, immergé dans un « bain de foule », mis en contact brutal, physique, avec les consommateurs de son œuvre en train de la consommer. Si la pièce trouve son public, c’est un plaisir orgiaque, une espèce de drogue, qui donne peut-être une idée de ce que furent les mystères sacrés d’Eleusis. J’eus la chance de connaître à nouveau cet état par quoi une longue traversée en solitaire à la rame (bien que la rame soit de papier) se métamorphose en bonheur partagé ; d’abord en travail d’équipe (les répétitions, le « filage » auxquels j’ai participé), ensuite lors de la première de <i>l’Épreuve du Feu</i>, à l’affiche du Théâtre de Levallois, entre janvier et mars 1993.</font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font size="3"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><span> </span>Grand comédien, grand professeur d’art dramatique (l’un des très rares à détenir le diplôme d’Etat), auteur lui-même et remarquable, metteur en scène capable de réaliser des miracles avec des bouts de ficelle tirés d’un vieux chapeau, Max Naldini fut l’artisan de ce succès salué par une presse unanime. </font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font size="3"><font color="#000000"><font face="Times New Roman"><span> </span>Seule ombre à ce tableau, qui offrit son premier rôle important à Agathe de La Boulaye (elle poursuit aujourd’hui la carrière que l’on sait) : pas un, je dis bien <i>pas un</i> animateur de théâtre, alors que d’illustres cinéastes se déplacèrent, n’eût la curiosité de venir jeter un coup d’œil sur ce spectacle, interrompu au bout de deux mois par le départ de l’interprète principale, attendue ailleurs. C’est ainsi que <i>l’Épreuve du Feu</i> n’a pas encore connu de reprise.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font size="3"><font face="Times New Roman"><font color="#000000">Près de dix années s’écoulèrent encore avant que je reprisse le chemin des tréteaux. Entre-temps, j’avais publié une dizaine de livres, quitté le groupe de presse où je travaillais depuis plus de vingt ans, relancé la maison d’édition que j’avais fondé en 1971 et écrit <i>l’Ordre Vert, </i>adaptation cinématographique de <i>la Méditation au Jardin</i>, réalisée par une jeune cinéaste prometteuse : Corinne Garfin. Parmi mes ouvrages publiés durant cette période, il y en avait un qui se rattachait par toutes ses fibres à l’art dramatique : <i>Histoire d’un maléfice</i>, titre assez terne et peu engageant choisi par mon éditeur à la place du mien : </font><i><font color="#000000">le Trio romantique</font><a title="" href="http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogentry&amp;_c=BlogPart#_ftn3"><span><span><span><b><span style="font-family:'Times New Roman';font-size:12pt;"><u><font color="#0000ff">[3]</font></u></span></b></span></span></span></a></i><font color="#000000">, pour coiffer un roman librement inspiré des amours de Marie Dorval, l’égérie de scène </font></font><font color="#000000"><span style="font-family:Symbol;"><span>-</span></span><font face="Times New Roman"> et pas seulement </font><span style="font-family:Symbol;"><span>-</span></span><font face="Times New Roman"> des Vigny, Dumas père, George Sand.</font></font></font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman">Ce roman, dont le théâtre était à la fois le décor, le métier et la passion des différents personnages, offrait une particularité : avoir été rédigé à partir d’une pièce que j’avais écrite quelque temps auparavant pour le bicentenaire de la naissance de la grande comédienne, et qui eût pu également, l’année suivante, marquer le cent-cinquantième anniversaire de sa mort.</font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman">Je m’étais aperçu alors, après diverses tentatives auprès de directeurs de troupe ou de salle, et même d’actrices célèbres, non seulement que Marie Dorval, sa vie courte et prodigieuse et son destin de tragédie n’intéressaient personne, mais qu’elle était complètement inconnue de gens que leur profession devraient amener pourtant à posséder quelques rudiments historiques du théâtre européen.</font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman">J’avais donc résolu de transformer ma pièce en roman, démarche inverse de celle que l’on pratique d’ordinaire. Et le hasard des dates voulut que l’année où sortit le livre en librairie précédait immédiatement 2003, bicentenaire fracassant d’Alexandre Dumas : Dumas, l’un des trois héros de mon histoire… Du coup, exhumée de son tiroir-tombeau, ma pièce <i>Marie Dorval, </i>après une lecture en l’atelier de la Madeleine de l’ADAC-Ville de Paris, n’eut guère de mal à trouver un théâtre, puis deux, à la périphérie de Paris et en province. Après avoir, en 1849, grâce à une souscription, réuni l’argent nécessaire pour enterrer dignement son amie, Alexandre le Grand avait réussi à la ressusciter ! </font></p>
<p style="text-indent:18pt;margin:0;"><font size="3"><font color="#000000"><font face="Times New Roman">L’auteur d’<i>Antony </i>et de <i>la Tour de Nesle</i> m’avait porté chance. Je profitai en 2007 d’une commande par le Festival Dumas de Villers-Cotterêts, dans le cadre de « Lire en fête », pour lui rendre hommage ainsi qu’à Chateaubriand. Il me revint en mémoire un épisode peu connu de leur existence, relaté à plusieurs reprises par Dumas et plus brièvement dans <i>les Mémoires d’outre-tombe</i> : leur rencontre à Lucerne en 1832. J’en tirai un dialogue à bâtons rompus, un peu dans la manière de Diderot, parsemé d’intermèdes chantés et joués au piano. Après Villers-Cotterêts, ville natale d’Alexandre, ce fut au tour de Combourg, où se déroula l’enfance de François-René, d’applaudir <i>l’Impromptu de Lucerne, </i>porté sur les robustes épaules des Frères Mougenot<i>,</i> et par la voix lumineuse de Sylvie Oussenko<i>.</i> Le souvenir pittoresque et joyeux que j’en garde s’accompagne cependant d’un regret : que la production de ce petit spectacle n’ait réussi à y intéresser ni les Amis de Chateaubriand, ni ceux d’Alexandre Dumas. Faut-il comprendre qu’il n’y a plus que les célébrations nationales pour motiver les responsables de la culture française ? Comme disait le cher François Billetdoux : « Comment va le monde, Môssieur ? </font><span style="font-family:Symbol;"><span>-</span></span><font face="Times New Roman"> Il tourne, Môssieur. »</font></font></font></p>
<div><font color="#000000" size="3" face="Times New Roman"></p>
<hr align="left" size="1" width="33%" />
</font></p>
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<p style="margin:0;"><a title="" href="http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogentry&amp;_c=BlogPart#_ftnref1"><span><span><span><span style="font-family:'Times New Roman';font-size:10pt;"><u><font color="#0000ff">[1]</font></u></span></span></span></span></a><font color="#000000" size="2" face="Times New Roman"> . Il s’agissait du Prix Montherlant.</font></p>
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<p style="margin:0;"><a title="" href="http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogentry&amp;_c=BlogPart#_ftnref2"><span><span><span><span style="font-family:'Times New Roman';font-size:10pt;"><u><font color="#0000ff">[2]</font></u></span></span></span></span></a><font color="#000000" size="2" face="Times New Roman"> . Le problème se pose bien entendu dans les mêmes termes avec le théâtre radiophonique. Après la diffusion de « La Dame à la rivière » en 1982, produite sur France Culture par Lucien Attoun, j’ai reçu des lettres d’auditeurs inconnus dont le ton chaleureux, hélas, ne compensait pas l’absence.</font></p>
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<p style="margin:0;"><a title="" href="http://papiersenligne.spaces.live.com/?_c11_BlogPart_BlogPart=blogentry&amp;_c=BlogPart#_ftnref3"><span><span><span><span style="font-family:'Times New Roman';font-size:10pt;"><u><font color="#0000ff">[3]</font></u></span></span></span></span></a><font color="#000000" size="2" face="Times New Roman"> J’ai repris ce titre, <i>le Trio romantique, </i>pour une conférence prononcée en divers lieux sur le même sujet. </font></p>
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<br />  <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gocomments/franceunivers.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/comments/franceunivers.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godelicious/franceunivers.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/delicious/franceunivers.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gofacebook/franceunivers.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/facebook/franceunivers.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gotwitter/franceunivers.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/twitter/franceunivers.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/gostumble/franceunivers.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/stumble/franceunivers.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/godigg/franceunivers.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/digg/franceunivers.wordpress.com/5/" /></a> <a rel="nofollow" href="http://feeds.wordpress.com/1.0/goreddit/franceunivers.wordpress.com/5/"><img alt="" border="0" src="http://feeds.wordpress.com/1.0/reddit/franceunivers.wordpress.com/5/" /></a> <img alt="" border="0" src="http://stats.wordpress.com/b.gif?host=franceunivers.wordpress.com&amp;blog=18011885&amp;post=5&amp;subd=franceunivers&amp;ref=&amp;feed=1" width="1" height="1" />]]></content:encoded>
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