Communiqué de l’A.FR.AV

Communiqué de l’A.FR.AV (http://www.francophonie-avenir.com)

Courriel ouvert à Monsieur Jean-François Copé,

secrétaire général de l’UMP et Carpette anglaise 2011*.

Monsieur le Secrétaire général de l’UMP,

Monsieur la Carpette anglaise 2011,

Votre Parti politique a édité récemment un tract, tiré à 6 millions d’exemplaires, pour faire la propagande de Nicolas Sarkozy.

Force est de constater que vous avez employé dans ce tract, le mot anglais « E-MAIL », un mot anglais, alors qu’il existe un mot français qui est « COURRIEL », mot créé et utilisé par nos frères du Québec, adopté par l’Académie française et officialisé par les instances terminologiques de la République (Journal Officiel du 23 juin 2003).

Ce emprunt à l’anglais, n’est pas, hélas, contrairement à ce que vous pourriez nous dire, un petit détail, mais plutôt l’élément révélateur de ce qu’a été le quinquennat de Nicolas Sarkozy à l’égard de la langue française, de la Francophonie et du plurilinguisme, c’est-à-dire, un vrai désastre, pour ne pas dire un Waterloo linguistique.

Vous-même, M. Copé, vous venez d’obtenir le Prix de la Carpette anglaise 2011, *Prix d’« indignité civique » donné à un membre des élites françaises qui s’est distingué par son acharnement à promouvoir la domination de l’anglais en France et dans les institutions européennes au détriment de la langue française. Vous avez obtenu ce Prix pour votre insistance à promouvoir l’anglais, de la maternelle aux grandes écoles, et pour votre souhait de faire de l’anglicisation de la télévision publique un des enjeux de votre parti et de l’élection présidentielle.

Comme vous, hélas, un tas d’« angliciseurs » se sont succédé dans les divers gouvernements qui ont fait le quinquennat de Nicolas Sarkozy :

Valérie Pécresse, Carpette anglaise 2008, ex-ministre de l’Enseignement supérieur et de la Recherche, a déclaré que le français était une langue en déclin et qu’il fallait briser le tabou de l’anglais dans les institutions européennes. Elle n’a eu de cesse, aussi, de pousser nos universités à enseigner EN anglais ;

Christine Lagarde, Carpette anglaise 2007, ex-ministre de l’Économie, avait tendance à communiquer en langue anglaise avec ses services à Bercy, à tel point que, selon le Canard enchaîné, celle-ci était surnommée « Christine The Guard » ;

Xavier Darcos, ex-ministre de l’Éducation nationale, ex-ministre de la Francophonie (!), a reçu la mission, quelques mois seulement après l’élection de Nicolas Sarkozy à la présidence en 2007, de faire de la France un pays bilingue (sous-entendu français-anglais), a aidé à instaurer l’anglais obligatoire en primaire dès le CE1, a promu les visioconférences en anglais, pour déporter notre jeunesse francophone directement en Grande-Bretagne, a lancé le projet de vacances en anglais pour que les écoliers mal anglophonisés puissent rattraper leur retard ;

Luc Chatel, actuel ministre de l’Éducation nationale, veut angliciser l’enfance dès l’âge de trois ans : « Aujourd’hui, en France, ne pas maîtriser l’anglais est un handicap. Je veux réinventer l’apprentissage de l’anglais dans notre pays », disait Luc Chatel, invité d’Europe1, le dimanche 23 janvier 2011. Le ministre de l’Éducation souhaite que cet apprentissage soit développé, « dès 3 ans », chez les enfants (http://www.lexpress.fr/actualite/politique/chatel-veut-instaurer-l-apprentissage-de-l-anglais-des-3-ans_955030.html) ;

Rachida Dati a imposé l’anglais au concours d’entrée à l’École nationale de la magistrature ;

Nadine Morano, en 2009, lors de l’Université d’été de l’UMP, à Seignosse, a commenté avec joie et en train le « I think, I work, I dance » qu’arborait fièrement la jeunesse UMP sur ses ticheurtes ;

Bernard Kouchner, ex-ministre des Affaires étrangères ne perdait jamais une occasion à l’étranger de s’exprimer officiellement en anglais ;

Jean-Marie Bockel, secrétaire d’État à la Francophonie (!), a célébré les futurs « bienfaits » du Protocole de Londres dans un article publié en septembre 2007 dans Le Monde (« Ratifions le protocole de Londres ! »), un Protocole qui, pourtant, rappelons-le, donne désormais force de loi en France à des textes rédigés en anglais.

Jean-Louis Borloo, Carpette anglaise 2009, ex-ministre d’État, ministre de l’Écologie, de l’Énergie, du Développement durable et de la Mer, a signé, le traité de l’IRENA (International Renewable Energy Agency) dont la seule langue de travail est l’anglais, en invoquant l’urgence, alors que cinq pays importants ne l’avaient toujours pas signé au moment des faits ;

– Nous ne parlerons pas de notre Armée dont l’entrée dans l’Otan n’a fait qu’accélérer son processus d’anglo-américanisation, ni de nos scientifiques et chercheurs qui sont obligés de publier leurs travaux en anglais, ni de nos jeunes chanteurs qui chantent de plus en plus en anglais, ni des peuples francophones à travers le monde qui se demandent à quoi bon continuer à croire et à investir dans la langue française, alors que les Français, eux-mêmes, n’y croient plus, etc.

Pourtant tout avait bien commencé avec M. Sarkozy, lorsque dans son discours de Caen, prononcé le 9 mars 2007, il nous parla de la langue française, de sa volonté de lutter contre le tout anglais (de la langue unique), de son souhait de promouvoir la Francophonie et le plurilinguisme.

Voici trois phrases extraites de ce discours :

« Nous avons le devoir pour nos enfants, pour l’avenir de la civilisation mondiale, pour la défense d’une certaine idée de l’homme, de promouvoir la langue française ».

« Le français, c’est l’âme de la France, c’est son esprit, c’est sa culture, c’est sa pensée, c’est sa liberté. C’est le droit de penser autrement que selon la pensée dominante. La diversité linguistique, c’est la condition de la diversité culturelle et du droit des peuples à disposer d’eux-mêmes. La langue n’est pas une marchandise, la langue n’est pas une technique ».
comme :
« L’obsession d’une langue unique au prétexte de l’efficacité est un leurre qui masque les effets de domination de la pensée unique dont la langue unique est l’antichambre. Mais l’efficacité n’est même pas prouvée : la Renaissance où tout le monde s’est mis à penser et à écrire dans sa langue nationale fut plus féconde pour la pensée humaine que les longs siècles de domination exclusive du latin, comme si la créativité était bel et bien inséparable de la diversité ».

(Pétition pour demander au président de la République, Nicolas Sarkozy, de respecter ses engagements électoraux en matière de langue française, de Francophonie et de lutte contre le tout anglais.)
Comme par hasard, la vidéo du discours du 9 mars 2007 de Nicolas Sarkozy à Caen n’est plus visible sur le site de l’Élysée (http://sarkozy-2007.over-blog.com/article-5957543.html). Serait-ce pour qu’on oublie ce qu’il a dit aux Français ce jour-là, pour enlever une preuve flagrante qu’il leur a menti et qu’il a, ce faisant, escroqué tous ceux qui, à partir de ce discours, ont décidé de voter pour lui en 2007 ?

Mais comme nous sommes sous le règne de la pensée et de la langue uniques, vos camarades du Parti socialiste ne sont pas en reste, non plus, hélas, en matière d’anglicisation et de destruction de la langue française :

– Martine Aubry, première secrétaire du Parti socialiste (et ses conseillers en communication), a été nommée Carpette anglaise 2010, pour « leur recours systématique à des slogans anglo-saxons (du « care » à « What would Jaurès do ? ») ».

– Quant au candidat François Hollande, il n’a rien mis dans son programme électoral, bien sûr, pour venir au secours de la langue française, mais, par contre, dans son engagement n°56, il nous dit qu’il signera pour la France, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires. Apparemment, donc, la question linguistique pour M. Hollande se résume à la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, marquant ainsi son intérêt à vouloir préserver la diversité des langues dans le contexte français plutôt que dans le contexte de la communication internationale. Il est triste, tout de même, que ce monsieur n’ait pas l’air d’avoir compris que le combat linguistique prioritaire aujourd’hui, c’est d’assurer la diversité linguistique dans la communication internationale et d’y maintenir pour cela, coûte que coûte et entre autres langues, la présence de la langue française. De plus, pourquoi remet-il sur le tapis, la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires, alors que cette Charte a été jugée anticonstitutionnelle en 1999 par le Conseil constitutionnel ? Va-t-il changer alors la Constitution française pour être agréable aux antirépublicains que sont les ethno-régionalistes ? Pourtant, quand on est un apôtre de la laïcité, comme ce monsieur aime à le dire, on laisse les langues régionales là où elles sont, avec les croyances religieuses de chacun, c’est-à-dire dans l’intime de chaque Français. Libre à chacun de pratiquer ou de ne pas pratiquer une religion, libre à chacun de pratiquer ou de ne pas pratiquer une langue régionale, la République, elle, s’oppose à ce que soient reconnus des droits collectifs à quelque groupe que ce soit, qu’il soit religieux, linguistique ou autre. Mais M. Hollande, du haut de son nuage, sait-il vraiment ce qu’est la Charte européenne des langues régionales ou minoritaires ? Sait-il que si elle était appliquée en France, elle entraînerait une libano-balkanisation du pays, la fin de la République, une et indivisible, l’éclosion des euro-régions et, au final, dans le chaos linguistique et politique ainsi engendré, le triomphe de l’anglais (encore), car cette langue deviendrait alors le seul élément fédérateur de la tour de Babel incontrôlable que serait devenue la France ethnique des Régions ?

Bref, UMP et PS, Bonnet Blanc et Blanc Bonnet, semblent être d’accord sur une chose : il faut enterrer la langue française, ne pas parler de la Francophonie et détourner l’enseignement des langues étrangères (au pluriel) en France par l’enseignement de l’anglais (au pluriel) : l’anglais en maternelle, l’anglais en primaire, l’anglais au lycée (l’anglais est même présent au CAP de carrosserie), l’anglais dans nos universités, l’anglais à la télévision, l’anglais au jardin, l’anglais à la pêche, l’anglais au supermarché, etc.

Récemment à la télévision, sur Arte – la chaîne publique franco-allemande qui en été nous parle des « Girls of the Summer » (trouvez l’erreur) -, fut diffusé un reportage sur l’obsolescence programmée des ampoules. Une arnaque à l’échelon mondial qui consista, dans les années 20 – par le biais d’accords secrets passés entre fabricants d’ampoules (cartel Phœbus) -, à ne fabriquer que des ampoules à durée de vie limitée à 500 heures au maximum (cela, bien sûr, pour que les consommateurs aient à en acheter beaucoup plus fréquemment), alors que l’on savait produire des ampoules qui durent plus de 100 000 heures ? À partir de ces accords, tous les industriels du monde qui fabriquèrent des ampoules à durée de vie supérieure à 500 heures eurent des amendes que le cartel, tels des mafieux, n’hésita pas à leur donner.

Sur le même canevas, nous avons l’impression aujourd’hui, qu’il y a eu des accords secrets pour imposer le basculement linguistique des pays non-anglophones vers l’anglais. En effet, la politique du tout anglais développée dans tous les pays européens depuis ces dernières années, ne peut pas être le fruit du hasard, mais bien la résultante d’accords secrets, tout à fait anti-démocratiques, évidemment, des accords qui se sont faits dans le dos des peuples, sans les consulter, par une oligarchie supranationale de type Davos, Bilderberg, Council on Foreign Relations, Goldman Sachs, etc.

Nous sommes, à n’en pas douter, devant un déni de démocratie, devant un viol inqualifiable de souveraineté des peuples et, dans ce contexte-là, comment ne pas faire un parallèle entre la mise en place programmée de l’anglais partout et la pensée unique que l’oligarchie mondialiste autoproclamée veut imposer à toute l’humanité ?

Langue unique, pensée unique, gouvernement unique, la dictature n’est pas loin !

En espérant que ce courriel aura suscité quelque envie de Résistance aux femmes et aux hommes encore libres de notre pays, et dans l’espoir que vous-même vous vous libériez de l’anglomanie qui vous habite, je vous prie d’agréer, Monsieur le Secrétaire général de l’UMP, Monsieur la Carpette anglaise 2011, l’expression de mes sentiments francophones.

Vive la langue française,

Vive la Francophonie,

Vive le monde dans sa diversité linguistique et culturelle.

Régis Ravat

Président de l’A.FR.AV (http://www.francophonie-avenir.com)

 

Merci aux candidats à l’élection présidentielle, de tenir compte, dans l’élaboration de leur programme politique, des points ici soulevés :

– Faire marcher la France sur ses deux jambes : l’Europe, d’une part, dans la coopération entre nations européennes, et la Francophonie, d’autre part, dans la coopération fraternelle et solidaire que nous devons avoir avec l’ensemble des pays francophones. De plus, lorsqu’un drapeau européen flottera à côté d’un drapeau français, obligatoirement devra flotter à ses côtés, le drapeau de la Francophonie.

– Condamner, et de rendre illégal, le bilinguisme français-anglais partout sur le territoire français et d’exiger que sur l’espace public lorsqu’une traduction d’un texte français est nécessaire, celle-ci devra s’opérer en au moins deux langues étrangères (pareille obligation sera faite dans nos aéroports).

– Remettre l’enseignement du français prioritaire en primaire, d’y enlever l’enseignement de l’anglais pour le remplacer par un enseignement général sur les langues du monde (sans oublier l’espéranto), de favoriser, dès l’entrée en 6e l’apprentissage d’une langue internationale qui ne soit pas forcément l’anglais, de ne pas donner le baccalauréat aux élèves qui n’auraient pas obtenu la moyenne en dictée lors de l’épreuve, de réaffirmer, haut et fort, que la seule langue de l’enseignement en France, c’est le français.

– Cesser de donner de l’argent public aux entreprises et aux artistes qui préfèrent utiliser l’anglais plutôt que le français dans leurs créations, dans la dénomination de leurs produits, de leur enseigne, de leur raison sociale, etc. (Pas d’argent public, par exemple, pour un chanteur français qui chanterait en anglais).

– Exiger de nos hommes politiques, de nos diplomates, de nos militaires, de nos coopérants, de ne pas s’exprimer en anglais lorsqu’ils ne sont pas en pays anglophones. D’exiger d’eux également qu’ils s’expriment en français dans les grandes instances internationales où notre langue à un statut de langue officielle.

 

(Reproduction et diffusion, hautement recommandées)


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